Les garde-côtes mauritaniens ont secouru 1187 migrants en mer depuis le 28 mai 2026, soit une forte concentration d’opérations de sauvetage en moins de deux semaines. Ce chiffre marque une reprise des départs sur la dangereuse route Atlantique vers les îles Canaries, après plusieurs mois d’accalmie. Mais cette vague de sauvetages n’est pas un phénomène isolé : en novembre 2025, 224 migrants partis de Gambie avaient été secourus après une panne de moteur et un chavirage partiel, un Sénégalais ayant perdu la vie lors de l’opération. Quelques jours plus tard, 132 autres migrants, dont 104 Sénégalais, avaient été abandonnés six jours en mer par leurs capitaines après une panne de carburant. Et toujours en novembre, 141 migrants, dont 88 Sénégalais, avaient été secourus alors que leur embarcation était désorientée au large de Nouadhibou. Ces drames récurrents illustrent la persistance des risques sur cette route migratoire.
Selon Ahmed Moulaye, directeur de la lutte contre la migration irrégulière des garde-côtes mauritaniens, les huit pirogues interceptées venaient de Gambie et du Sénégal. Les nationalités exactes des passagers n’ont pas été précisées. Au total, depuis le début de l’année, 1417 migrants ont été secourus par les garde-côtes et la marine nationale. « À ce rythme, les arrivées pourraient atteindre un niveau inédit cette année », a-t-il estimé auprès de l’AFP.
Les départs ont repris peu après la fête de la Tabaski, fin mai. Le renforcement des contrôles au Sénégal, en Mauritanie et au Maroc a poussé les passeurs à déplacer leurs départs plus au sud, notamment depuis les côtes gambiennes et guinéennes, rallongeant les traversées et augmentant les risques.
Pierre Beziz, diplomate européen à Nouakchott, a indiqué à Lemanbleu que tous les migrants ont été accueillis dans de nouveaux Centres d’accueil temporaires pour étrangers (CATE), financés par l’Union européenne, à Nouakchott et Nouadhibou. Il a également souligné un contraste frappant : « Dans le même temps, il y a eu zéro arrivée aux Canaries, alors qu’on s’attendait à ce qu’il y ait une quantité égale qui y arrive. »

