« Ils sont allés à la fête sans salaire, une fête aussi sacrée que la Tabaski au Sénégal. » C’est par ces mots qu’Abdoulaye Keïta, secrétaire général de la section locale du Syndicat des Enseignants Libre du Sénégal (SELS), a dénoncé lundi sur RFM le non-paiement du salaire de mars des enseignants contractuels de Matam. Le syndicaliste a annoncé un arrêt de travail à partir de 18h ce lundi, avec un ultimatum clair : si aucun virement n’est effectué avant cette heure, les cours et les compositions seront suspendus dès mardi sur toute l’étendue du département.
« La dignité de l’enseignant bafouée »
Selon Abdoulaye Keïta, la situation est « rabaissante » pour les enseignants. « Nous n’accepterons jamais que la dignité de l’enseignant soit bafouée », a-t-il martelé, tout en interpellant les autorités étatiques et administratives pour qu’elles « fassent preuve de célérité » afin de régler le problème et d’éviter qu’il ne se reproduise. Il a rappelé que des retards similaires avaient déjà eu lieu lors des fêtes de Noël. Contacté par pressafrik, l’inspecteur d’académie de Matam, Mamadou Omar Gueye, a reconnu le retard de paiement, précisant qu’il ne s’agit pas d’un cas isolé mais d’une situation à l’échelle nationale. Il a toutefois indiqué que les professeurs contractuels ont déjà perçu leur salaire, sans plus de détails.
Ces retards s’ajoutent à des ponctions massives sur les salaires des enseignants grévistes, qui ont vu jusqu’à 300 000 FCFA retirés de leur paie. Le ministre de l’Éducation, Olivier Boucal, a reconnu ces retenues et les a justifiées, mais le Premier ministre Ousmane Sonko a désapprouvé ces pratiques et donné des instructions fermes pour faire la lumière sur ces ponctions. Le G7 des syndicats dénonce une « méthode indigne » et annonce une riposte.
