À Dakar, la mosquée Massalikul Jinan a accueilli une conférence de presse organisée par l’association Serigne Cheikh Fall Khady Gueye. Cette rencontre s’inscrit dans le cadre des préparatifs de la commémoration des tirailleurs sénégalais, prévue les 8, 9 et 10 mai à Paris. L’édition est placée sous le thème du rôle historique des guides religieux sénégalais dans les relations entre le Sénégal et la France.
La cérémonie sera présidée par Serigne Thierno Mbacké, fils aîné du khalife général des mourides, et son frère Thierno Cheikh Oumar Tall, fils du khalife de la famille omarienne, Thierno Bachir Tall, en présence de l’ambassadeur du Sénégal en France, du parrain El Hadji Mbackiou Faye, ainsi que d’autres personnalités religieuses et étatiques sénégalaises et françaises.
La rencontre s’est tenue en coordination avec El Hadji Mbackiyou Faye, représentant du khalife général des mourides à Dakar et également parrain de cette édition.
Autour d’une même table, les différentes confréries religieuses ont affiché une unité remarquable. Elles ont rendu hommage à leurs illustres ancêtres tombés sur le champ de bataille, notamment Serigne Fallou Fall, Sidy Ahmed Sy, Serigne Moctar Kounta et Serigne Babacar Laye.
Le chercheur Amadou Touba Niane est revenu sur le rôle des autorités religieuses durant la période coloniale.
« La France s’est appuyée, à un moment donné, sur les autorités religieuses pour gouverner indirectement. Des figures, comme nous l’avons rappelé, telles que Cheikh Ahmadou Bamba, Seydi Hadji Malick Sy, Seydina Limamou Laye, entre autres, étaient des personnalités historiques qui ont joué un rôle clé. Même si elles étaient, à un moment, perçues comme de potentiels opposants, l’administration coloniale a fini par reconnaître leur influence sur les populations. Dans ce contexte, la France cherchait surtout à maintenir son ordre colonial sans mobiliser trop de moyens », a-t-il expliqué.
De son côté, Serigne Abdou Rahmane Kounta, représentant du khalife des Kountiyou, a insisté sur le patriotisme de ces guides religieux.
« Ces guides religieux sont des patriotes, ce sont des citoyens. Nous devons les honorer, leur rendre hommage. C’est dans ce sens que je salue la démarche de Serigne Cheikh Fall Khady Gueye, une démarche ô combien importante, qui s’inscrit dans la lignée glorieuse de ses ancêtres, faite de bravoure et de dignité. Je tiens à remercier Serigne Cheikh Fall Khady Gueye, président de l’association Serigne Fallou Fall, de nous avoir donné l’occasion de rendre hommage à ces guides religieux. Cela étant dit, affirmer aujourd’hui que les guides religieux ne doivent pas se prononcer sur les affaires politiques de ce pays est, à mon sens, une aberration. Ils ont versé leur sang pour que nous puissions jouir de cette liberté, pour que nous vivions dans cette démocratie », a-t-il déclaré.
Poursuivant son intervention, il a lancé un appel à l’unité entre les confréries :
« Je salue la démarche de toutes les personnes réunies autour de cette table. Voilà le Sénégal en miniature, voilà l’islam en miniature. Cela montre que les dérives à l’encontre des confréries n’engagent pas seulement la mouridiya, ni la khadriya, ni la tidjaniya : elles nous engagent tous. Nous devons donc nous unir pour combattre ces dérives et préserver ce modèle de l’islam », a-t-il ajouté.
À travers cette rencontre, les organisateurs entendent préparer une commémoration d’envergure à Paris les 8, 9 et 10 mai, tout en réaffirmant le rôle central des confréries religieuses dans l’histoire et la société sénégalaises.
Le texte contient une énorme bêtise. En effet Mame Babacar laye est rentré sain et sauf au Sénégal. Il est décédé à Yoff et a été enterré dans le mausolée de son illustre père Seydina Limamou psl
Effectivement mais l’idée de rassembler les guides religieux est noble et surtout rappeler leur rôle historique. Merci de ces éclaircissements