Mamadou Ismaïla Konaté : « On ne peut plus ignorer la responsabilité du pouvoir » dans la lutte antiterroriste au Mali

Au Mali, l’opposant et ancien ministre de la Justice Mamadou Ismaïla Konaté accuse le régime de transition d’instrumentaliser la lutte antiterroriste pour justifier des détentions arbitraires. Interrogé par RFI Afrique, il dénonce l’enlèvement de l’avocat Mountaga Tall, détenu au secret par la Sécurité d’État depuis un mois, et l’absence de toute procédure judiciaire.

« La lutte contre le terrorisme ne saurait justifier l’insécurité juridique », affirme Konaté, qui rappelle que les enlèvements se multiplient après les attaques du 25 avril 2026 menées par le JNIM et les rebelles touaregs du FLA, lesquelles ont coûté la vie au ministre de la Défense Sadio Camara. Selon lui, le pouvoir issu de la force se maintient par la force et la terreur, et la justice malienne donne l’impression d’être soumise au régime.

Konaté, qui fut ministre de la Justice, souligne que des juges se laissent aller à un rôle « maléfique » par peur, alors que la loi leur offre la possibilité de se récuser. Il critique également la condamnation de l’ancien Premier ministre Moussa Mara à un an de prison ferme pour un tweet, tandis que les appels à la violence contre des opposants restent impunis.

L’opposant explique par ailleurs ne pas avoir rejoint la Coalition des forces pour la République (CFR) de l’imam Dicko, estimant que les Maliens sont pris entre le képi (le pouvoir militaire) et la chéchia (les religieux), rappelant les exactions de 2012 dans le nord du pays.

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