La ville d’Anéfis, dans la région de Kidal au nord-est du Mali, est devenue le théâtre de combats intenses qui illustrent son importance stratégique pour le contrôle du nord du pays. Située sur la route nationale 18, à environ 110 kilomètres de Kidal et 330 de Gao, cette localité de moins de 8 000 habitants constitue le seul corridor terrestre viable pour acheminer des renforts et du matériel vers les garnisons gouvernementales de la zone.
Depuis plusieurs jours, les forces armées maliennes, appuyées par des éléments russes de l’Africa Corps, affrontent les combattants du JNIM et du Front de libération de l’Azawad (FLA). Pour l’analyste Héni Nsaibia, spécialiste du conflit au sein de l’organisation ACLED, cette bataille est « un test décisif pour les deux camps ». L’enjeu est de maintenir ouvert le corridor qui permet aux troupes de Bamako de préserver leur présence à Kidal et dans le massif des Ifoghas. La BBC a relayé ces analyses.
Au début du mois de juillet, les rebelles avaient réussi à s’emparer de plusieurs postes militaires à Anéfis, après une série d’attaques coordonnées. La réaction de l’armée malienne ne s’est pas fait attendre. Un convoi de renforts, parti de Gao le 7 juillet, a rejoint la ville le 9 juillet en essuyant des tirs en chemin. Grâce à un soutien aérien, les forces gouvernementales ont repris le contrôle, forçant le FLA à un retrait qualifié de stratégique.
La bataille a toutefois laissé des traces. Plusieurs véhicules blindés et pick-ups ont été détruits, et des pertes sont signalées dans les deux camps. Le corridor d’Anéfis reste fragile, dans une zone désertique où les distances rendent tout ravitaillement périlleux. Malgré la reprise de la ville, les groupes armés ont fait savoir qu’ils entendaient poursuivre leurs opérations dans la région.
