Maires ralliés à Kiiraay : Yoro Dia dénonce la quête de privilèges

Des maires rejoignent le parti présidentiel, tandis que leurs motivations divisent les responsables politiques. Yoro Dia y voit une menace pour le jeu démocratique et critique la préservation des privilèges. La contestation porte aussi sur l’ampleur du ralliement : l’APR rejette le soutien affiché de 306 maires à la coalition Diomaye Président et juge ce chiffre « fantaisiste », faute, selon elle, d’une liste crédible, exhaustive et contradictoire.

Cette transhumance des maires oppose ainsi deux explications : l’opportunisme dénoncé par l’ancien ministre et les besoins des collectivités avancés par certains élus. Dans son analyse, Enqueteplus rapporte que Yoro Dia appelle les responsables de l’ancien régime à rester dans l’opposition et à préparer une offre politique alternative. Le débat prend aussi une dimension institutionnelle : le député de PASTEF Amadou Ba a annoncé une proposition de loi qui ferait perdre automatiquement son poste à tout maire changeant de parti en cours de mandat. Il défend cette mesure au nom du respect du choix des électeurs, tandis que Papa Ibrahima Senghor y voit une « dérive antidémocratique ».

Le texte s’inspire de la logique de l’article 60 de la Constitution, qui prévoit la déchéance des députés en cas de défection. Son projet suscite une convergence rare entre PASTEF et l’APR, qui soutient la sanction des maires transfuges. Cette entente souligne l’enjeu du débat : concilier la fidélité au choix électoral avec la liberté politique des élus locaux.

Le maire de Méouane, Cheikh Sall, affirme pour sa part avoir rejoint Kiiraay afin de défendre le développement de sa commune. Il décrit une collectivité de 52 000 habitants où des villages manquent notamment d’électricité, d’établissements de santé et d’écoles. Il dit aussi avoir consulté ses mandants, qui l’auraient encouragé à rallier le parti.

Cheikh Sall, responsable de la Commission Fiscalité au sein de l’Association des maires du Sénégal, estime que 90 % des collectivités ne peuvent régler seules des besoins essentiels comme l’électricité, la santé ou l’éducation. Un autre maire de l’opposition conteste cette justification et reproche au pouvoir central de favoriser certains élus par ses investissements.

Pour illustrer la proximité possible entre pouvoir et opposition, Yoro Dia cite l’exemple britannique. En 1945, Winston Churchill s’est rendu aux négociations des accords de Potsdam avec le chef de l’opposition.

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