Après plusieurs ralliements de responsables locaux à Kiiraay, la formation de Bassirou Diomaye Faye se heurte à une contestation dans le Fouta. Le cas de Dabia, dans le département de Matam, met en lumière les limites d’une implantation fondée sur l’adhésion de personnalités municipales.
Le maire Yaya Abdoul Kane a rejoint Kiiraay et a été nommé au bureau politique national du parti. Cette adhésion devait renforcer la présence de la formation présidentielle dans la commune. Elle a toutefois provoqué une réaction de ses quatre adjoints, qui ont adopté une résolution pour désavouer leur édile.
Les élus municipaux ont qualifié cette adhésion de « trahison ». Ils estiment ainsi que le ralliement du maire ne traduit pas un soutien local suffisamment large. Le ralliement de Dabia devient dès lors un épisode révélateur des tensions entre l’adhésion d’un responsable et la fidélité de son entourage politique.
La stratégie de Kiiraay consiste notamment à attirer des cadres municipaux et d’anciens responsables de l’Alliance pour la République afin de s’implanter dans les bastions du Fouta. Mais l’épisode de Dabia montre qu’un responsable peut rejoindre le parti présidentiel sans entraîner automatiquement ses conseillers ni les électeurs de sa commune.
Cette difficulté rejoint les réserves exprimées le 12 août 2026 par Thierno Lô. L’ancien ministre avait alors averti que l’arrivée de maires transhumants, attirés selon lui par la recherche de postes, pouvait provoquer des tensions avec les militants historiques de Kiiraay.
Dans cette analyse publiée par Xibaaru, la réaction des adjoints de Dabia est présentée comme un avertissement pour la formation présidentielle : les ralliements individuels risquent de produire un effet limité lorsque les nouveaux adhérents ne disposent pas d’un ancrage local solide. L’enjeu concerne aussi les rapports entre Kiiraay et PASTEF, dont l’espace militant est désormais partagé au sein de la mouvance issue de l’alternance.
Kiiraay avait lancé en juillet 2026 une démarche d’implantation nationale structurée en trois phases. La première prévoit la création de cellules dans les quartiers et les villages, ainsi que de comités spécialisés comme Ndawi Kiiraay, Jigéeni Kiiraay, Kanggami Kiiraay et Maggi Kiiraay.




