3 milliards de FCFA sont au centre de la controverse sur les fonds évoqués à la Primature. Invité mardi matin sur la TFM, l’ex-directeur de l’administration générale et de l’équipement (DAGE), Macodou Sène, a livré sa version des faits, relayée par dakaractu.
L’ancien responsable administratif affirme n’avoir jamais été interpellé directement par Ousmane Sonko au sujet de cette enveloppe. « Sonko ne m’a jamais interpellé ! », a-t-il déclaré.
Macodou Sène réfute également avoir demandé à l’ancien Premier ministre de s’adresser à Cheikh Diba, ministre des Finances et du Budget. Le nom de Cheikh Diba apparaît dans les éléments à l’origine de cette controverse.
Pour l’ex-DAGE, les fonds spéciaux ne relevaient pas de sa gestion. Il assure n’avoir administré ni fonds politiques ni fonds spéciaux et ajoute qu’« il n’y en avait pas ».
Cette version est au cœur d’un débat plus large sur l’existence et le fonctionnement de ces ressources. Ousmane Sonko a expliqué que la Primature disposait de fonds propres en s’appuyant sur un décret de 2004 pris sous Abdoulaye Wade, citant notamment le « Programme de gestion de la paix en Casamance » parmi les dispositifs gérés par ses services.
Les montants avancés ont toutefois élargi la portée de la controverse. Le ministre Abdourahmane Diouf avait déclaré que le Premier ministre disposait de 1,77 milliard de FCFA par trimestre, soit un total de 14,16 milliards de FCFA évoqué pour les fonds politiques alloués à la Primature sous Sonko. Thierno Bocoum a estimé que cette enveloppe représentait 19,4 millions de FCFA par jour et pourrait financer 944 salles de classe.
La question porte aussi sur les responsabilités politiques. Aly Ngouille Ndiaye a affirmé que Sonko était le premier Premier ministre à avoir bénéficié de fonds spéciaux, ses prédécesseurs n’en ayant pas disposé. Il a par ailleurs relevé l’incertitude sur la périodicité de l’enveloppe de 1,7 milliard de FCFA, certains évoquant un montant trimestriel, d’autres annuel, et indiqué que la première dotation avait été entièrement utilisée, contraignant Sonko à demander une rallonge.
La controverse porte désormais sur l’identification de la ligne budgétaire ou du mécanisme financier correspondant aux 3 milliards de FCFA, ainsi que sur l’autorité qui en assurait la gestion. Elle soulève également la question de la périodicité des dotations, de leur utilisation et de la transparence attendue autour de ressources dont l’ampleur est désormais mesurée à l’aune de besoins publics aussi concrets que la construction de salles de classe.
