Macky Sall à l’ONU : une candidature qui interpelle le Sénégal

Pour la première fois, un fils du Sénégal est officiellement candidat à l’un des postes diplomatiques les plus prestigieux au monde : celui de Secrétaire général des Nations Unies. Et il s’agit, de surcroît, d’une figure politique majeure — l’ancien chef de l’État, le président Macky SALL.

Il est concevable, pour des raisons politiciennes compréhensibles, que le régime actuel du Sénégal n’affiche pas un soutien immédiat à cette candidature. Cependant, un appui national, même après coup, s’impose comme un devoir moral et stratégique.

Durant ses douze années à la tête du pays, le président Macky SALL a incontestablement hissé la diplomatie sénégalaise à un niveau de visibilité et d’influence rarement atteint. Cette reconnaissance s’est traduite par des retombées économiques tangibles, un développement accéléré des infrastructures et un prestige diplomatique renouvelé. Le Sénégal s’est imposé comme un acteur clé de la sous-région, du continent et même de la scène mondiale.

Grâce à cette stature, notre pays a accueilli de nombreuses conférences internationales (dont la plus symbolique demeure celle conviée à Dakar sur la Paix et la Sécurité) et l’installation de bureaux régionaux d’organisations internationales, dont plusieurs agences des Nations Unies, entre Dakar et Diamniadio, confirmant la position du Sénégal comme hub stratégique africain pour les grandes décisions géopolitiques.

De la CEDEAO à l’Union africaine, en passant par le Conseil de sécurité de l’ONU, notre diplomatie a su se faire entendre. Sous Macky SALL, le pays a défendu des positions courageuses : la gestion collective des ressources en eau, à travers l’exemple de l’Organisation pour la Mise en Valeur du Fleuve Sénégal (OMVS), la création d’un fonds vert pour combler les écarts de développement climatique, ou encore la reconnaissance d’un siège africain au G20. En 2022, il a également dirigé avec succès la participation africaine au sommet États-Unis– Afrique, obtenant des engagements d’investissement d’un montant de 55 milliards de dollars.

Ces résultats ne sont pas le fruit du hasard, mais d’une diplomatie cohérente et visionnaire, portée par un leader qui connaît les mécanismes du système international et en comprend les enjeux. D’ailleurs, pour le peu d’expérience que j’ai eue à ses côtés, à New-York, rares sont les réunions de haut-niveau de l’Organisation des Nations Unies où le président Macky SALL n’a pas été sollicité comme participant majeur.

Du président Jimmy Carter en 1977 à Barack Obama en 2013, presque tous les présidents américains ont visité le Sénégal. La Reine d’Angleterre, le président chinois Xi Jinping, les dirigeants européens et russes ont fait de même. Cet ancrage diplomatique profond repose sur une réputation de stabilité, de dialogue et de sérieux que Macky SALL a su entretenir et amplifier. Peu de pays africains disposent d’un tel capital de confiance sur la scène mondiale.

Maintenant, le bilan d’un dirigeant appelle toujours débats et critiques légitimes dans une démocratie. Mais soutenir la candidature de Macky SALL ne revient pas à adhérer à un camp politique : il s’agit d’un enjeu national et continental. Ce soutien doit transcender nos différences et viser l’intérêt supérieur du Sénégal et de l’Afrique.

L’Afrique, aujourd’hui au cœur des enjeux de paix, de sécurité, de climat et de développement, mérite une voix forte au sein des instances mondiales. Porter un Africain, originaire d’un pays reconnu pour sa stabilité et sa diplomatie comme le Sénégal, à la tête de l’ONU serait un symbole fort d’un multilatéralisme rééquilibré et inclusif.

Le président Macky SALL, qui a occupé toutes les plus hautes fonctions de l’État — ministre, Premier ministre, président de l’Assemblée nationale, président de la République — et dirigé l’Union africaine, incarne cette compétence et cette expérience internationales recherchées par le système onusien. Son élection serait une victoire non seulement pour le Sénégal, mais pour l’ensemble du continent africain et pour une gouvernance mondiale plus juste. Au-delà des clivages, sachons porter cette candidature avec fierté et lucidité. Elle ne peut être que bénéfique pour le Sénégal, pour l’Afrique et pour le monde.

Par El Hadji Ndangane Ndao, ex-consul du Sénégal à New York

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