L’ancien président Macky Sall est attendu ce vendredi 17 juillet à Dakar pour une audience avec le chef de l’État Bassirou Diomaye Faye, dans le cadre de sa campagne pour le secrétariat général des Nations Unies. Cette visite, la première de Sall depuis son départ du pouvoir en 2024, suscite une vive réaction des organisations de défense des droits des victimes des événements politiques survenus entre mars 2021 et février 2024.
En mai dernier, le chef de l’État avait révélé avoir été informé de la candidature de son prédécesseur par des pairs africains, une démarche qu’il avait qualifiée de pression. Il avait alors indiqué que Macky Sall ne lui en avait pas parlé directement, se contentant d’envoyer un émissaire. Plus récemment, le 8 juillet, Seydi Gassama avait appelé les victimes à rencontrer le président Faye pour porter leurs revendications.
Lors d’un point de presse jeudi, relayé par Anadolu Agency, le directeur exécutif d’Amnesty International Sénégal, Seydi Gassama, a déclaré que les victimes ne s’opposent pas à la venue de l’ancien président, mais bien à un éventuel soutien de Diomaye Faye à sa candidature. « Nous ne sommes pas opposés à sa venue au Sénégal, ce à quoi on s’oppose c’est le soutien du président […] puisse le recevoir et dire qu’il va le soutenir et l’accompagner pour le poste de secrétaire général. C’est ce qui est inacceptable », a-t-il indiqué.
Ces organisations, dont le collectif des familles des martyrs et l’Initiative zéro Impunité, réclament depuis des mois que toute la lumière soit faite sur la répression qui a fait au moins 67 morts et des centaines de blessés durant les trois dernières années du régime Sall. Abdoulaye Sèye, de l’ONG Horizon sans frontière, a souligné que « la mémoire des victimes ne devrait pas être sacrifiée sur l’autel de la diplomatie ».
Du côté du gouvernement, le ministre des Forces armées Yankhoba Diémé a tenu à rappeler mercredi sur la RTS que Macky Sall ne fait l’objet d’aucune accusation ni poursuite et qu’il a le droit de circuler librement. Le Sénégal n’a pour l’heure exprimé aucun soutien officiel à la candidature de son ancien président, malgré une lettre en ce sens adressée à Bassirou Diomaye Faye en mars 2026.

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