L’UEMOA s’apprête à adopter une stratégie IA pour 2027, avec un indice régional de 31,50/100

L’Union économique et monétaire ouest-africaine veut avancer vers une politique commune de l’intelligence artificielle alors que ses États membres restent en dessous de la moyenne mondiale. L’organisation prévoit l’adoption d’une stratégie régionale en 2027.

La zone réunit le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, la Guinée-Bissau, le Mali, le Niger, le Sénégal et le Togo. Leur indice moyen de préparation à l’IA s’établit à 31,50 sur 100, contre 47 sur 100 à l’échelle mondiale, d’après le rapport 2025 d’Oxford Insights. Le Sénégal obtient 46,10 points et le Bénin 34,00, tandis que le Niger atteint 26,00 et la Guinée-Bissau 23,50.

Cette faiblesse ne tient pas seulement aux politiques publiques ou aux compétences disponibles. L’Afrique abrite 18 % de la population mondiale, mais moins de 1 % de la capacité mondiale en centres de données. Sur les 223 centres recensés dans les 54 pays du continent, plus des deux tiers sont concentrés en Afrique du Sud. La région consomme ainsi des technologies qu’elle ne conçoit pas encore et héberge une partie de ses données sur des serveurs étrangers, une dépendance qui limite sa capacité à développer des services d’IA adaptés à ses priorités.

Cette stratégie IA de l’UEMOA doit éviter la dispersion des initiatives nationales et coordonner les politiques publiques. Selon Abidjan, plusieurs pays ont déjà adopté leur propre cadre : le Bénin et le Sénégal en 2023, la Côte d’Ivoire en 2025 et le Burkina Faso en 2026. Le Sénégal cherche notamment à transformer ses initiatives nationales en capacités opérationnelles : il a dévoilé à Tokyo sa « Senegal AI Factory », adossée au Programme Prioritaire n°8 et à la « Senegal Digital Factory », pour développer les compétences et les infrastructures nationales dans ce domaine.

Le projet s’articulera autour de quatre axes : la gouvernance, l’éthique et la régulation ; les infrastructures et les services ; le développement du capital humain ; ainsi que l’innovation et la souveraineté. Ils couvrent notamment la protection des données, le cloud souverain, l’Open Data, la formation spécialisée, les incitations fiscales pour les startups et le financement de la recherche. Au Sénégal, le Premier ministre Ahmadou Alhaminou Mohamed Lo a présenté le 8 septembre 2026 une Déclaration de politique générale conditionnant les projets numériques à leur faisabilité et à leur impact. Le cloud souverain doit notamment permettre d’héberger sur le territoire national les données sensibles de l’État.

L’agriculture, la santé, l’éducation, l’administration publique, la fiscalité et la sécurité figurent parmi les secteurs prioritaires. Le dispositif prévoit aussi un Comité régional de pilotage, des points focaux ministériels dans chaque pays, une Académie régionale de l’IA et un Fonds régional d’innovation. L’enjeu sera de faire correspondre ces ambitions avec des moyens matériels encore très concentrés hors de la région, afin que les usages de l’IA ne restent pas dépendants d’infrastructures et de fournisseurs étrangers.

La Commission de l’UEMOA attend la validation de l’étude à la fin de 2026, avant l’adoption formelle de la stratégie communautaire. Les plis concernant le recrutement du cabinet chargé du plan d’actions chiffré ont été ouverts le 11 septembre 2026.

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