Loi sur la peine capitale en Israël : les conditions d’exécution prévues par le texte embrasent la Cisjordanie

Des centaines de Palestiniens ont investi les rues de plusieurs villes de Cisjordanie occupée ce mardi. Cette mobilisation fait suite à l’adoption par le Parlement israélien d’une législation autorisant la peine de mort pour les Palestiniens reconnus coupables d’attaques meurtrières.

Selon les informations rapportées par Al Jazeera, les rassemblements se sont déroulés à Ramallah, Tubas, Naplouse, Jénine et Hébron, répondant à l’appel d’associations de défense des prisonniers. À el-Bireh, un sit-in a été organisé dans la cour du siège du Comité international de la Croix-Rouge (CICR). L’agence de presse palestinienne Wafa précise que les manifestants ont brandi les portraits de dizaines de détenus décédés en détention au fil des décennies. La foule réunissait des familles de prisonniers, des cadres du parti Fatah, des syndicats et des organisations de la société civile.

La colère des manifestants se cristallise autour des modalités d’application de ce projet de loi visant les détenus, définitivement adopté lundi soir par la Knesset avec 62 voix pour et 48 contre, et soutenu par le Premier ministre Benjamin Netanyahu. La nouvelle législation prévoit que les exécutions se fassent par pendaison. Elles seront menées par des gardiens nommés par l’administration pénitentiaire israélienne, qui bénéficieront de l’anonymat et d’une immunité juridique. Le texte impose également le transfert des condamnés vers des centres de détention spéciaux, limite strictement les visites aux seules parties autorisées et restreint les entretiens avec les avocats à de simples communications vidéo.

Cette décision a suscité de vives réactions sur le plan international. L’Union européenne a qualifié l’adoption de ce texte de « très préoccupante », appelant Israël à respecter ses engagements envers le droit international. L’Allemagne a indiqué qu’elle ne pouvait « approuver » cette loi, soulignant par la voix de son porte-parole gouvernemental qu’elle s’appliquerait vraisemblablement de manière exclusive aux Palestiniens. De son côté, Amnesty International a exigé l’abrogation immédiate du texte, dénonçant une politique discriminatoire et une « cruauté publique ».

Actuellement, plus de 9 500 Palestiniens, dont 350 enfants et 73 femmes, sont incarcérés dans les prisons israéliennes. Les organisations de défense des droits humains dénoncent régulièrement des actes de torture, des privations de nourriture et des négligences médicales dans ces centres de détention. Ces nouvelles mesures pénitentiaires s’inscrivent dans un contexte d’intensification des opérations israéliennes depuis octobre 2023, une période marquée par un bilan dépassant les 72 000 morts et 172 000 blessés palestiniens.

Votre avis sera publié et visible par des milliers de lecteurs. Veuillez l’exprimer dans un langage respectueux.

Laisser un commentaire