L’examen d’un nouveau texte législatif par le parlement israélien suscite une vive réaction sur la scène internationale. Alors que la Knesset s’apprête à débattre d’une mesure pénale aux conséquences irréversibles, un front diplomatique européen s’est officiellement constitué pour demander l’abandon de la procédure.
Les ministres des Affaires étrangères de l’Allemagne, de la France, de l’Italie et du Royaume-Uni ont publié dimanche une déclaration commune pour exprimer leur profonde préoccupation. Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, cette démarche vise un projet de loi israélien prévoyant d’élargir significativement les possibilités de recours à la peine de mort. Les quatre diplomaties ont dénoncé un texte présentant un « caractère discriminatoire de facto », dont l’adoption risquerait de compromettre les engagements démocratiques du pays.
Cette position a été appuyée par l’Union européenne. Dans une communication diffusée par le Service européen pour l’action extérieure (SEAE), le porte-parole El Anouni a rappelé l’opposition stricte de l’institution à la peine capitale, qualifiée de violation du droit à la vie. Il a souligné qu’une adoption définitive de cette loi constituerait un recul par rapport aux obligations découlant du droit international et de l’accord d’association liant l’UE à Israël.
Le projet de loi, porté par des parlementaires d’extrême droite et approuvé en première lecture en novembre 2025, cible spécifiquement les détenus palestiniens. Il introduit des modifications majeures dans la procédure pénale : la peine de mort pourrait désormais être requise sans la demande du ministère public et prononcée à la majorité simple, supprimant ainsi l’exigence d’unanimité. Les tribunaux militaires opérant en Cisjordanie occupée seraient habilités à prononcer cette sentence, tandis que les voies d’appel et de grâce seraient fermées pour les condamnés palestiniens.
Le texte, récemment validé par la commission de la sécurité nationale, doit maintenant être soumis à la plénière pour ses deuxième et troisième lectures. Sur le plan interne, la mesure rencontre également une opposition. En février dernier, près de 1 200 personnalités israéliennes, incluant d’anciens juges de la Cour suprême, des responsables militaires et des lauréats du prix Nobel, ont publiquement rejeté ce projet, le qualifiant de « stigmate moral » selon le média local Walla.