La campagne des élections législatives du 23 septembre 2026 n’a pas encore officiellement commencé que l’Observatoire national de protection contre la violence numérique fait état de plusieurs ciblages visant des candidates potentielles ou déclarées. Les faits ont été observés et documentés durant le mois de juillet et au début du mois d’août, selon Hespress.
Cette vulnérabilité ne se limite pas aux périodes de campagne. Après la défaite des Lions, la ministre des Sports, Djireye Clotilde Coly, a elle aussi été la cible d’une vague de cyberharcèlement, illustrant l’exposition particulière des femmes en politique aux attaques numériques, y compris lorsqu’elles exercent des responsabilités gouvernementales.
Les comportements signalés vont des insultes et de la diffamation aux campagnes de dénigrement. L’Observatoire relève aussi des atteintes à la vie privée et à la dignité, ainsi que la circulation d’allégations et de contenus offensants. Comme l’écrit l’Observatoire national de protection contre la violence numérique, certaines campagnes ont été organisées ou répétées afin d’affaiblir la réputation politique et personnelle des candidates et leur présence dans l’espace public.
À quelques semaines du scrutin, l’institution juge cette situation préoccupante, d’autant que la liste définitive des candidatures féminines n’est pas encore arrêtée. La présence des femmes parmi les candidats et leur accès aux fonctions de représentation restent par ailleurs en dessous des ambitions affichées en matière de parité et d’égalité. Une analyse consacrée à la participation politique des femmes doit être publiée après l’enregistrement définitif des candidatures et les résultats du scrutin.
Pour l’Observatoire, ces violences politiques figurent parmi les principaux freins à une participation pleine et effective des femmes à la vie publique. Elles peuvent affecter leur sentiment de sécurité, restreindre leur liberté d’expression et leur capacité à concourir, voire les conduire à renoncer à l’action politique ou à l’accès aux institutions élues. Leur portée dépasse les personnes directement visées : elles peuvent aussi décourager d’autres femmes de s’engager dans la sphère publique et politique.
Les législatives de 2026 seront présentées par l’Observatoire comme le premier véritable test des mécanismes répressifs issus de la loi organique n° 53.25, notamment de son article 51 bis. Ces dispositions concernent des pratiques commises sur les réseaux sociaux, les plateformes numériques, les systèmes informatiques et au moyen d’outils d’intelligence artificielle.
Elles visent notamment la diffusion de fausses informations, d’allégations mensongères, de faits inexacts ou de documents falsifiés destinés à porter atteinte à la vie privée des électeurs ou des candidats, ou à les diffamer. La création et la diffusion de contenus trompeurs susceptibles d’altérer l’intégrité et la sincérité du processus électoral sont aussi visées. Les auteurs encourent des peines d’emprisonnement et des sanctions financières.
L’Observatoire rappelle que la liberté d’expression, la critique politique et la concurrence électorale restent essentielles au fonctionnement démocratique. Il précise toutefois qu’elles ne peuvent justifier la diffamation, les menaces, les atteintes à la vie privée ni la fabrication de contenus mensongers destinés à nuire aux candidates ou à influencer illégalement les élections.
L’institution demande aux acteurs politiques, aux partis, aux institutions publiques, aux médias et aux organisations de la société civile de garantir une compétition respectueuse de la dignité et des droits des femmes. Elle appelle aussi les formations politiques à mieux protéger et accompagner leurs candidates et demande à la Présidence du ministère public ainsi qu’aux autorités compétentes d’appliquer effectivement la loi et de traiter avec célérité les infractions électorales et agressions numériques.
