LFR 2026 : Cheikh Diba oppose ses chiffres à Ousmane Sonko sur les bourses et l’énergie

La dotation de 250 milliards de FCFA destinée aux subventions énergétiques est déjà consommée. Dans le débat sur la loi de finances rectificative (LFR) 2026, Cheikh Diba met en avant les charges du secteur, tandis qu’Ousmane Sonko avait contesté le montant prévu pour les bourses de sécurité familiale.

Le rapport de la Commission présente la LFR comme un ajustement des autorisations budgétaires aux nouvelles prévisions. Il indique que la croissance attendue est ramenée de 5 % à 2,7 %, et que le déficit passe d’environ 1 245 milliards de FCFA, soit 5,4 % du PIB, à 1 735 milliards, soit 7,6 %. Le gouvernement relie cette évolution à une baisse nette des recettes d’environ 415 milliards et à une hausse des dépenses de quelque 74 milliards.

Les ministres estiment que les réductions de dépenses ont limité la dégradation du solde. Sans ces ajustements, le déficit aurait pu atteindre environ 9,8 % du PIB, selon les simulations présentées. Pour les investissements prioritaires, le ministre chargé du Budget invoque notamment le recul des recettes, la hausse de la subvention à l’énergie et les contraintes de financement.

Le rapport indique également que les crédits des projets financés par les recettes du Plan de redressement économique et social (PRES) ont été réduits de 295,6 milliards de FCFA. Le gouvernement justifie cette baisse par les 174 milliards recouvrés à fin septembre 2026, alors que les prévisions annuelles atteignaient 762,6 milliards.

Les créances du secteur énergétique

Au 26 octobre 2026, les créances déclarées s’élevaient à 137,7 milliards de FCFA auprès du Fonds de soutien à l’énergie et à 182,8 milliards auprès de la CRSE et de SENELEC. Le total annoncé atteint 320,5 milliards, sans compter les dossiers encore examinés par la CRSE.

Le ministre avertit que, sans adoption de la LFR 2026 et ouverture des crédits supplémentaires prévus, le Fonds de soutien au secteur de l’énergie n’aurait pas les moyens de régler ces charges. Il évoque une accumulation des arriérés et un risque de ruptures d’approvisionnement, qui pourrait entraîner des délestages. Le risque de délestages au Sénégal est présenté comme lié aux difficultés de financement des importations de carburant et de l’approvisionnement des centrales.

Cheikh Diba a aussi indiqué que des paiements supplémentaires de 155,5 milliards de FCFA étaient programmés pour novembre et décembre, notamment pour les pertes commerciales et les achats de combustibles de SENELEC, rapporte Enqueteplus.

Le débat sur les bourses

Ousmane Sonko avait dénoncé la baisse de l’enveloppe des bourses de sécurité familiale, qu’il disait ramenée de 35 à 22 milliards de FCFA dans la LFR, et souhaitait la porter à 51 milliards. Les explications du gouvernement font état d’une enveloppe de 70 milliards. Des députés de Pastef ont alors interrogé la pertinence du dispositif.

Des intervenants ont estimé que l’allocation annuelle de 140 000 FCFA par ménage — soit 35 000 FCFA par trimestre — représentait environ 11 667 FCFA par mois. Pour un ménage de huit personnes, cela équivaudrait à près de 48 FCFA par personne et par jour. Ils ont jugé ce montant faible au regard des besoins essentiels et questionné sa capacité à aider les bénéficiaires à sortir durablement de l’extrême pauvreté.

Les commissaires ont demandé une évaluation indépendante du programme, en place depuis plus d’une décennie. Ils souhaitent notamment connaître le nombre de ménages sortis de l’extrême pauvreté, les critères de maintien dans le dispositif et les effets des transferts sur l’accès à l’alimentation, à la santé, à l’éducation et aux activités économiques. Des députés se sont aussi interrogés sur le recours à des emprunts de longue maturité pour financer des aides récurrentes sans évaluation approfondie de leur efficacité.

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