Bourse de sécurité familiale : Sonko oppose 22 milliards aux 70 annoncés par le gouvernement

Ousmane Sonko conteste plusieurs arbitrages du projet de loi de finances rectificative (PLFR) 2026, que l’Assemblée nationale doit examiner ce mardi en séance plénière. Le texte a déjà été rejeté deux fois en commission par la majorité parlementaire Pastef.

Les désaccords sur le PLFR 2026 concernent notamment les investissements, les aides sociales, le Plan de redressement économique et social (PRES) et les subventions à l’énergie. Le gouvernement justifie la révision budgétaire par une croissance attendue en baisse, de 5 % à 2,7 %, la hausse des aides énergétiques dans le contexte de la crise au Moyen-Orient et des recettes du PRES inférieures aux prévisions.

Investissements et dépenses sociales au cœur des divergences

Ousmane Sonko reproche à l’Exécutif de réduire les crédits d’investissement de 555 milliards de FCFA, alors qu’il présente la relance économique comme une priorité. Le Premier ministre Al Aminou Lô a défendu ces arbitrages le 24 octobre. Il a expliqué que le gouvernement entendait maintenir les projets pouvant être exécutés avant la fin de l’année et donner la priorité aux dépenses sociales.

Le gouvernement dit avoir porté à 70 milliards de FCFA l’enveloppe de la Bourse de sécurité familiale en 2026, avec une projection de 140 milliards en 2027. Sonko affirme pour sa part que le PLFR n’inscrit que 22 milliards, contre 35 milliards dans la loi de finances initiale.

Le président de l’Assemblée nationale critique aussi les baisses qu’il dit constater dans les budgets de l’Éducation, de la Famille et de la Solidarité ainsi que de la Formation professionnelle. Le ministre des Finances a, de son côté, fait état en commission d’une hausse de 28,8 milliards de FCFA pour la santé, dont les crédits atteindraient 246,1 milliards. Il a également cité 1 437 milliards pour l’enseignement et 678 milliards pour la défense et la sécurité, soit 65 milliards de plus. Les dépenses sociales totaliseraient 2 276 milliards de FCFA, selon le rapport des travaux de la commission des Finances.

Le PRES et les subventions énergétiques contestés

Pour le PRES, le gouvernement évaluait initialement les ressources attendues à 762,9 milliards de FCFA. Il estime désormais qu’elles atteindront 311,5 milliards sur l’ensemble de 2026, soit 451,4 milliards de moins que prévu. Ousmane Sonko accuse des responsables de l’Exécutif de freiner le plan. Il soutient que des outils de supervision des transferts d’argent et des jeux de hasard pourraient permettre d’en accroître les recettes.

Les subventions énergétiques constituent un autre point de friction. Le budget initial prévoyait 250 milliards de FCFA, tandis que le Premier ministre a évalué les besoins à 790,3 milliards. Kewoulo rapporte que cette hausse figure parmi les désaccords entre le gouvernement et la majorité parlementaire. Le gouvernement avait retenu un prix du baril de pétrole de 64 dollars dans ses hypothèses budgétaires initiales.

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