Transmis à l’Assemblée nationale le 18 septembre 2026, le projet de loi de finances rectificative revoit en profondeur les prévisions budgétaires initiales : croissance en baisse, recettes fiscales en recul, investissements rabotés et subventions énergétiques en forte hausse. Le déficit est plafonné à 1 735,2 milliards de FCFA, soit 7,6 % du PIB. En réponse aux questions de la Commission des finances et du contrôle budgétaire, le gouvernement précise que ce montant constitue une limite autorisée, et non une prévision définitive.
La révision s’explique notamment par une baisse attendue de 340,3 milliards de FCFA des recettes fiscales, que le ministre de l’Économie, des Finances et du Plan, Cheikh Diba, a reliée aux résultats jugés décevants du Plan de redressement économique et social (PRES). À fin septembre 2026, les Douanes et les Impôts et Domaines avaient pourtant dépassé leurs objectifs de 81,2 milliards au total. Pour faire face aux tensions de trésorerie, 300 milliards de FCFA sont prévus pour les arriérés de paiement.
Le solde total des arriérés atteint 1 956,3 milliards de FCFA, dont 988,5 milliards relèvent de dossiers irréguliers. L’État indique que ces créances, aux justificatifs incomplets ou présentant des irrégularités, ne seront pas réglées avant les vérifications nécessaires. Les créances considérées comme régulières s’élèvent à 967,8 milliards de FCFA. Ces éclaircissements figurent dans un document daté du 29 octobre, relayé par dakar92.
La hausse des subventions énergétiques se traduit par une enveloppe de 790,3 milliards de FCFA : 718,3 milliards pour le Fonds spécial dédié au secteur de l’énergie et 72 milliards via le Cerp. Le gouvernement présente ces ressources comme un moyen de sécuriser les hydrocarbures et la production d’électricité, sans répercuter directement la hausse des coûts sur les consommateurs.
L'actualité du Sénégal dans votre poche
Téléchargez l'app gratuite et suivez l'info en temps réel.
Une enveloppe de 70 milliards de FCFA est également programmée pour les transferts sociaux, dont 48 milliards via le Cerp. Le nombre de ménages bénéficiaires des bourses de sécurité familiale pourrait ainsi passer de 355 013 à 469 497.
Les besoins de financement de la LFR atteignent 6 774 milliards de FCFA. Le gouvernement prévient qu’un retard dans son adoption pourrait décaler à 2027 certaines aides budgétaires exceptionnelles, des financements de projets et des prêts-programmes. L’inventaire de l’Inspection générale des finances arrêté au 31 décembre 2024 recensait 6 497 dossiers d’arriérés.





