Pour un travailleur de l’économie informelle au Sénégal, se soigner relève souvent du parcours du combattant. « On a souvent des difficultés à se soigner au Sénégal lorsqu’on est malade. Lorsque l’on est dans le secteur formel c’est déjà le cas, imaginez toutes les difficultés que ceux qui se meuvent dans le secteur informel rencontrent au quotidien pour se soigner, pour soigner leurs familles », a déclaré le Dr Amadou Diaw, directeur de cabinet du ministre de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités.
Pour répondre à cette urgence, un atelier de cadrage et d’orientation stratégique s’est ouvert ce lundi 27 juillet 2026 à Thiès. L’initiative, portée par le ministère, vise à élaborer une stratégie de communication pour favoriser l’adhésion massive des travailleurs de l’informel à l’Assurance maladie universelle (AMU). Les travaux, diffusés sur YouTube, ont réuni les acteurs du secteur.
Un régime simplifié pour les petits contribuables
L’atelier s’inscrit dans la stratégie nationale de développement des mécanismes d’adhésion systématique. Il s’agit de mettre en œuvre un régime simplifié, dit Régime simplifié pour les petits contribuables (RSPC), destiné aux acteurs de l’informel qui disposent de revenus mais ne sont pas couverts par les régimes classiques de protection sociale. Depuis 2013, les réformes se sont accélérées, notamment avec l’adoption en Conseil des ministres du projet de loi d’orientation sur la protection sociale.
En mai 2026, deux conventions avaient déjà été signées pour associer le ministère du Travail, la Caisse de Sécurité sociale (CSS), l’Institution de prévoyance retraite du Sénégal (IPRES) et la Mutuelle sociale nationale des artisans du Sénégal (MSNAS). Ces accords visaient à étendre la retraite et la couverture sociale aux travailleurs informels, qui représentent près de 90 % de l’activité nationale mais dont seulement 20 % bénéficiaient d’une couverture.
« L’État, dans cette dimension de mettre en place une politique d’élargissement de la protection sociale, a mis en place une stratégie pour justement permettre aux agents du secteur informel de bénéficier de cette assurance sanitaire universelle », a insisté le Dr Diaw. L’atelier de Thiès doit poser les bases d’une communication adaptée pour atteindre ces millions de Sénégalais encore exclus du système.
Selon les données recueillies par dakaractu, seuls 20 % des acteurs économiques sont couverts par les institutions sociales, alors que le secteur informel représente près de 90 % de l’activité nationale.
