Avec 45 % de l’offre de soins nationale, les réformes structurelles confirmées par le ministre Ibrahima Sy face aux attentes des médecins privés

Le Syndicat des médecins privés du Sénégal (SYMEPS) a lancé, ce jeudi 22 janvier, une rencontre décisive pour l’avenir du système de santé national. Réunis autour du thème de la souveraineté sanitaire, les acteurs du secteur ont échangé avec les autorités de tutelle sur la place réelle que doit occuper la médecine libérale dans les stratégies publiques. Une occasion saisie par le gouvernement pour clarifier sa position et annoncer des ajustements réglementaires attendus de longue date.

L’enjeu de ce premier congrès scientifique dépasse le simple cadre corporatiste. En présidant la cérémonie d’ouverture, le ministre de la Santé et de l’Hygiène publique, Dr Ibrahima Sy, a posé les bases d’une nouvelle collaboration dictée par la réalité du terrain. Selon les données évoquées lors des échanges et rapportées par Sud Quotidien, le secteur privé assure aujourd’hui près de 45 % de l’offre de soins au Sénégal et emploie plus de 35 000 agents. Une force de frappe que l’État entend désormais intégrer pleinement dans l’Agenda national de transformation Sénégal 2050.

Pour aligner ce poids démographique et économique avec les objectifs de souveraineté, le ministère de la Santé a confirmé le lancement de plusieurs chantiers structurels. Dr Ibrahima Sy a précisé que des réformes sont actuellement en cours pour assainir l’environnement de l’investissement privé. Il s’agit concrètement de la révision de la nomenclature des actes professionnels et de la mise à jour des honoraires médicaux, deux revendications historiques des praticiens. Le ministre a également mentionné l’actualisation du code de la santé et une réforme hospitalière globale, insistant sur la nécessité d’accélérer la production locale de médicaments et la digitalisation du système via la télémédecine.

Cette volonté d’intégration répond directement au plaidoyer du Dr Abdou Kane Diop, président du SYMEPS. Ce dernier appelle à une inclusion qu’il qualifie de « quasi fusionnelle » entre le public et le privé. L’objectif affiché par le syndicat est de garantir un accès équitable aux soins, tant en milieu rural qu’urbain, sans distinction de revenus. Toutefois, pour que ce modèle fonctionne, le Dr Diop a rappelé l’urgence de lever certains obstacles persistants, notamment les difficultés liées au financement, au cadre statutaire et à la régulation des tiers payants.

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