Législatives au Népal : le mouvement favori pour succéder au gouvernement déchu existe depuis moins de quatre ans

Les électeurs népalais se sont rendus aux urnes ce jeudi pour renouveler leur Parlement, dans un climat politique marqué par les récentes mobilisations de la jeunesse. Ce scrutin intervient près de six mois après les manifestations meurtrières ayant conduit à la démission du Premier ministre Khadga Prasad Sharma Oli.

Selon les données communiquées par la commission électorale et relayées par Al Jazeera, le taux de participation s’élève à 60 %, un chiffre très légèrement en deçà des 61 % enregistrés lors des élections de 2022. Le scrutin vise à élire les 275 membres de la Chambre des représentants : 165 sièges sont pourvus au suffrage direct, tandis que les 110 restants seront attribués à la proportionnelle. Ram Prasad Bhandari, chef par intérim de la commission électorale, a précisé lors d’une conférence de presse que les opérations de vote se sont déroulées dans le calme, à l’exception de quelques incidents isolés.

L’enjeu de ces élections s’inscrit dans le sillage direct des événements récents. Il y a six mois, le pays a été secoué par un soulèvement mené par la « génération Z », exigeant des emplois, une meilleure gouvernance et la fin de la corruption. Ces manifestations, qui ont fait au moins 77 morts, ont provoqué la chute du gouvernement précédent.

C’est dans ce contexte que le Rastriya Swatantra Party (RSP) s’est imposé comme le principal favori du scrutin. Cette formation centriste, créée il y a moins de quatre ans, bouscule les deux forces politiques historiques du pays : le Congrès népalais et le Parti communiste du Népal (marxiste-léniniste unifié) de l’ancien Premier ministre Oli. Ce dernier se représente d’ailleurs à nouveau, face à plus de 3 400 autres candidats issus de 65 partis.

Le candidat du RSP au poste de Premier ministre incarne cette rupture électorale. Balendra Shah, 35 ans, ancien rappeur et ex-maire de Katmandou, s’est imposé comme l’une des figures de proue de la révolte de 2025. Notre rédaction note qu’il a rassemblé des foules importantes durant la campagne électorale, capitalisant sur les revendications d’une jeunesse exigeant des changements concrets.

Le dépouillement a débuté jeudi en fin de journée. Les premières tendances sont attendues ce vendredi, bien que la publication des résultats complets puisse nécessiter une semaine. L’analyste politique Puranjan Acharya, dont les propos ont été relayés par Al Jazeera, a précisé que les nouveaux dirigeants devront impérativement répondre aux aspirations exprimées lors des manifestations pour éviter de nouveaux troubles sociaux.

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