Le Sénégal, un Etat policier, Par Ibra Pouye

Le Sénégal, un Etat policier, Par Ibra Pouye

Titre effarant jetant l’opprobre sur ce pays lilliputien, le Sénégal, jadis havre de paix et berceau d’une belle démocratie en Afrique de l’ouest voire en Afrique. Le titre de cette chronique laisse perplexe et songeur tout observateur averti de la scène politique africaine. Scène de concussions et de plans diaboliques où le mot stabilité charrie ses charmes et se fait désirer telle une dame à la recherche du prince charmant. Nous refusons de croire que ce petit pays toujours foutu dans un océan de chaos soit de nos jours devenu un Etat policier. Un pays où la flicaille règne en bon maître. Un Etat sans loi ni foi ?Oups ! En effet, il nous est impossible de croire à cette thèse on ne peut plus claire mais taillons dans le clair-obscur et dans le vif pour voir plus clair. Une honte pour la démocratie si cela s’avère. Malheureusement cela est vrai et ça se susurre du bout des lèvres de quelques sénégalais rencontrés par ci et par là.

D’après la météo politique sénégalaise, Dakar est devenue à l’aune des confidences et des supputations une capitale policière voire bunkérisée. Chantages de tout bord, renseignements flirtés, offenses au chef de l’Etat, bavures policières(…)et nous en passons et laminons tout fondement de ce mode de fonctionnement en déliquescence. Non, il est impossible que ce pays arrive à ce niveau ! Impossible que notre démocratie portée en bandoulière soit rabaissée de la sorte ! Somme toute, nous ne méritons que ce que nous avons, en l’occurrence Macky Sall et son gouvernement de ministres. Qui n’a pas chien chasse avec chat . L’élève Macky, élevé à bonne école, n’a pas su s’élever au même rang que son maître, le fameux chauve qui refuse de prendre sa retraite et se voit en sempiternel faiseur de miracles dans ce Sénégal déjà à deux genoux, presque s’affaissant et rampant tel un reptile.

Force est de constater que Macky est seul dans sa barque qui vogue à vau l’eau et ne sait plus depuis belle lune quelle direction prendre. Les décisions de l’Etat sont tirées à hue et à dia. Toujours dans une tempête tropicale. Macky est dans une sorte de merde et lorsque l’on est dans la merde, il ne reste qu’à chantonner. Ce cantique s’articule autour d’un repli sur soi comme le serpent qui a mordu sa propre queue. Heureux sont les flics qui entourent Sisyphe Sall qui gravit la montagne tel un héros. Tâche lourde à laquelle s’attèle le président dans ses expéditions punitives solitaires. Point d’applaudissement et d’encouragement de son gouvernement. Une impression de dire que l’équipe du président de la République est devenue aphone. Point de défenseur de la cause Sall. A vouloir défendre Macky Sall dans ces instants de braise serait peine perdue. Est-il encore défendable Mister the president ? That is the question ! Défendre Macky, est-ce tirer le diable par la queue et pire encore, est-ce vendre son âme au diable ? Macky rend coup pour coup. Il se rabaisse. Est-il un vrai leader ? Telle est la question que se posent bon nombre d’observateurs du landerneau politique sénégalais.

Comme le dit le fameux adage, si un âne vous donne un coup et que vous répondez, cela veut dire que vous êtes de même acabit. N’oublions pas que par essence l’Homme est un animal mais politique doué de raison et que malheureusement la politique est un ogre qui a tendance à manger ses propres fils. Clin d’œil à l’artiste à qui j’ai affublé un nom coquin sans qui cette chronique ne serait qu’une page blanche et de qui je garde une écoute attentive. Il se reconnaîtra en lisant ce papyrus. Quel funambule politique dont l’intellect suinte ! Macky Sall a peur et se barricade à l’image de Dakar assiégée par des barrières policières. Karim Wade, fait-il si peur ? Empêche-t-il Macky de dormir sur ses lauriers ? Macky cache-t-il son incompétence derrière ce procès on ne peut plus politique ? Macky, a-t-il mis dans les oubliettes le fameux slogan de son dernier Premier Ministre, Au travail ? Questions qui méritent d’être posées et d’être débattues.

Le coup pour coup n’est pas la tasse de thé à laquelle nous avait habitués Macky Sall qu’on qualifie de courtois et de serein. Une impression vague que le président est traqué de partout telle une bête à l’affût des snipers que sont Idrissa Seck et Abdoulaye Wade, ses deux ennemis jurés. Il est déjà dit qu’ils ne le rateront pas. Terrible politique quand tu nous mènes par le bout du nez ! Cette politique des fosses septiques et des caniveaux doit être aseptisée. Harcelée et le gouvernail en laisse, la pauvre pirogue Sénégal tangue et nous ne savons plus à quel saint nous vouer.

Saperlipopette, Ebola est venue s’ajouter à notre malheur ! Un sauve-qui-peut général. Espérons que cet Etat policier finira par triompher cette terrible maladie puisque tout se résume de nos jours au Sénégal au débat des muscles, des menaces et des délations. A un Etat policier, nous répondons par un Etat fort et démocratique parce cela nous permet d’avoir des institutions solides et des Hommes qui ne sont pas éternellement indispensables. Les institutions demeurent et les Hommes trépassent. Nous espérons orbi et urbi que le président Sall aura une bonne écoute de ce message rempli d’espoir pour sauver la barque Sénégal. Alea jacta est !

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