Le Bureau de Mise à Niveau révèle : près des trois quarts des porteurs de projets agroalimentaires sont des entreprises dirigées par des femmes ou à forte composante féminine

Comment concilier industrialisation verte et autonomisation des femmes dans le secteur agroalimentaire sénégalais ? Le Bureau de mise à niveau (BMN) vient d’apporter des éléments de réponse en présentant les conclusions d’une étude approfondie sur la question.

Menée sur plusieurs mois avec le soutien de l’African Climate Foundation et l’appui du cabinet Global Consult, l’enquête a couvert plus d’une centaine d’entreprises dans douze régions. Selon l’Association sénégalaise pour la codification et le développement des entreprises et des métiers (ASCODEM), qui a relayé les résultats, les constats sont sans appel.

Un secteur féminin miné par les difficultés

Près des trois quarts des porteurs de projets dans l’agro-industrie sont des entreprises dirigées par des femmes ou à forte composante féminine, a rappelé la directrice du BMN, Fatou Dayna Bâ. Pourtant, ces actrices se heurtent à des obstacles tenaces : difficultés d’approvisionnement en matières premières, coûts énergétiques élevés et accès limité au financement. En amont, la précarité foncière des productrices, illustrée en mars dernier par le cas de Nioro du Rip où les femmes cultivent des terres sans en être propriétaires, comme l’a rapporté Dakaractu, fragilise toute la chaîne de transformation.

La finance verte et l’économie circulaire comme leviers

L’étude ne se contente pas de dresser un sombre tableau. Fatou Dayna Bâ a mis en avant des opportunités à saisir, notamment les lignes de crédit à taux réduits déjà disponibles pour la transition écologique. L’économie circulaire, en valorisant les déchets issus de la transformation, pourrait également générer de nouveaux produits et réduire les coûts. Le ministre de l’Agriculture, Mabouba Diagne, avait d’ailleurs appelé en mai dernier à « oser et innover » pour le financement agricole des femmes, une ambition que l’étude du BMN vient renforcer.

La directrice a aussi annoncé que son institution préparait des programmes spécifiques pour atténuer les nuisances sonores, olfactives et auditives subies par les travailleuses. Enfin, elle a confirmé que les futures agropoles et zones économiques spéciales intégreraient dès leur conception des exigences environnementales : énergie solaire, gestion des déchets et traitement des eaux usées. « Le Sénégal a le devoir de se conformer aux normes environnementales internationales », a-t-elle conclu.

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