L’armée sénégalaise a entamé une réflexion inédite sur les enjeux militaires de l’espace. Un séminaire franco-sénégalais de deux jours s’est ouvert à Dakar, réunissant des responsables des forces armées, des représentants du commandement spatial français et des experts du Centre national d’études spatiales (CNES), selon les informations de Seneplus.
Le général de division Joseph Mamadou Diop a présidé l’ouverture. Il a rappelé que les technologies spatiales sont devenues indispensables dans des secteurs comme les télécommunications, la météorologie ou l’agriculture. Mais l’accent a été mis sur leur dimension sécuritaire. « L’espace est aujourd’hui un domaine de plus en plus disputé », a-t-il souligné, insistant sur la nécessité pour les armées de mieux appréhender l’observation, le renseignement et les communications satellitaires.
Cette initiative s’inscrit dans une dynamique nationale plus large. En mai 2026, lors de la deuxième édition de la Semaine sénégalaise de l’espace, le ministre des Forces armées, Birame Diop, avait déclaré que les capacités spatiales occupent une place centrale dans les enjeux de souveraineté et de sécurité nationale. Le Sénégal, qui a signé en 2024 un accord avec la Chine pour une future station orbitale, a également été le seul pays africain invité à la conférence spatiale d’Ankara la même année.
Pour l’armée sénégalaise, cette réflexion vise à doter les forces de défense d’outils modernes de planification et d’opérations. L’objectif est de poser les bases d’une utilisation concrète des données spatiales pour la surveillance du territoire national et la protection des intérêts stratégiques.
Le séminaire de Dakar constitue une première étape vers l’intégration de ces capacités dans la doctrine militaire. L’APS précise que les échanges portent sur les applications défense et sécurité, avec la volonté d’aboutir à une feuille de route opérationnelle.


