Comment garantir qu’un signalement soit traité sans exposer la personne qui l’a effectué ? À Dakar, le ministre de la Justice, garde des Sceaux, Me Moussa Sarr, a appelé médiateurs et procureurs à renforcer leur coopération pour assurer le suivi des alertes et protéger leurs auteurs.
Lors de l’ouverture d’un séminaire international de trois jours, il a estimé nécessaire de mieux répartir les responsabilités : vérification des signalements, transmission au ministère public et mise en œuvre des mesures de protection. Selon les pays, les alertes sont reçues par les médiateurs ou par des organismes spécialisés comme l’Office national de lutte contre la corruption (OFNAC), avant d’être transmises au procureur de la République.
Le ministre a mis en garde contre les risques liés à ce parcours : une alerte peut se perdre au moment de son acheminement, tandis que son auteur peut être exposé. Il a aussi insisté sur les délais de traitement et la confidentialité, rappelant qu’au Sénégal les règles encadrent la divulgation d’informations permettant d’identifier un lanceur d’alerte.
Me Moussa Sarr a ajouté que la protection devait respecter les droits des personnes mises en cause, et a appelé à distinguer le signalement servant l’intérêt général d’une dénonciation motivée par une rancune ou un intérêt personnel. En juin 2026, le président de l’OFNAC, Moustapha Ka, a par ailleurs fait état d’une hausse des signalements de corruption depuis l’adoption de la loi sur le statut et la protection des lanceurs d’alerte.
L'actualité du Sénégal dans votre poche
Téléchargez l'app gratuite et suivez l'info en temps réel.
Le médiateur de la République, Demba Kandji, a défendu la contribution des institutions de médiation à la lutte contre la corruption et les atteintes à la bonne gouvernance. Il a également souligné la complémentarité des médiateurs, des procureurs et des parlementaires, ces derniers participant à l’élaboration des normes. L’APS rapporte que le séminaire, prévu du 21 au 23 octobre, doit aboutir à une Déclaration de Dakar et à des recommandations.
Demba Kandji a rappelé qu’une résolution des Nations unies sur le rôle des institutions de médiation a été adoptée le 19 décembre 2024.



