Lamignou Darou, Oustaz Thiep et Ndiaye Touba, trois chroniqueurs du média en ligne Feeñal Digital, comparaissent ce mercredi 5 août devant le tribunal de Dakar. Ils sont poursuivis pour offense au chef de l’État et discours contraires aux bonnes mœurs, après la diffusion d’une vidéo sur TikTok.
Dans cette séquence, les trois hommes priaient pour que le malheur et la mort frappent « celui qui a trahi le projet du Pastef », une formule que de nombreux observateurs interprètent comme visant le président Bassirou Diomaye Faye. Interpellés le 27 juillet dans les locaux de leur rédaction par la Division spéciale de cybersécurité (DSC), ils ont été placés sous mandat de dépôt le 30 juillet, selon les informations de RFI Afrique.
À la barre, l’avocat des prévenus, Me Aby Nar Ndiaye, a plaidé la relaxe. Il estime que l’infraction d’offense au chef de l’État n’est pas constituée car, contrairement à la diffamation, elle exige que le président soit explicitement nommé. Or, dans la vidéo incriminée, aucune mention directe n’est faite du chef de l’État. Les trois chroniqueurs ont d’ailleurs soutenu lors de leurs auditions que l’enregistrement relevait d’une plaisanterie entre amis, réalisée à Mbacké Bary Djolof.
La défense a également élargi le débat au climat politique tendu entre le président et l’ancien Premier ministre Ousmane Sonko, limogé en mai dernier. Maître Ndiaye a dénoncé ce qu’il qualifie de « persécution politique » visant la jeunesse proche du Pastef. Le Syndicat des professionnels de l’information et de la communication (Synpics) avait, dès l’arrestation, condamné une intervention jugée musclée dans les locaux de Feeñal Digital, y voyant une atteinte à la liberté de la presse.
Ce procès intervient quelques jours après la condamnation d’une commerçante de Touba, Adama Ndiaye, à six mois de prison dont un mois ferme pour des propos tenus contre le chef de l’État lors d’un live TikTok.
