L’agence Africa CDC décide d’élargir l’usage du vaccin Ervebo contre Ebola Bundibugyo en RDC

Depuis la confirmation de l’épidémie d’Ebola due au variant Bundibugyo le 15 mai 2026 en République démocratique du Congo (RDC), la situation ne cesse de se dégrader. Fin juin, le pays comptait déjà plus de 1 155 cas confirmés et plus de 300 décès, principalement dans les provinces de l’Ituri et du Nord-Kivu.

Face à cette urgence, les autorités sanitaires et leurs partenaires préparent un changement de stratégie. Selon RFI Afrique, le directeur général d’Africa CDC, Jean Kaseya, a annoncé que l’agence avait décidé d’élargir l’utilisation du vaccin Ervebo, jusqu’ici homologué uniquement contre la souche Zaïre, dans les deux provinces au cœur de la riposte.

Cette orientation s’appuie sur des observations selon lesquelles les personnes vaccinées contre Ebola Zaïre seraient partiellement protégées face à Bundibugyo, notamment contre les formes mortelles. Mais cette protection croisée doit encore être confirmée par des essais cliniques.

Selon le professeur Placide Mbala, chercheur impliqué dans ces travaux, un premier essai destiné à mesurer cette efficacité pourrait démarrer dans un délai de deux à trois semaines. De son côté, un autre responsable d’Africa CDC évoque le lancement d’une petite cohorte sous quinzaine, avant des études de plus grande ampleur.

Cette accélération fait suite à une recommandation, fin juillet, du groupe technique de l’OMS chargé de hiérarchiser les candidats vaccins. En l’absence de vaccin spécifique immédiatement disponible contre Bundibugyo, ce groupe a estimé que le vaccin Ervebo devait être prioritaire pour un essai de phase 3 pendant l’épidémie actuelle.

Dans un entretien à RFI Afrique, le professeur Jean-Jacques Muyembe, directeur général de l’Institut national de recherche biomédicale (INRB) de RDC, propose d’aller plus loin. Il préconise la création d’un « rideau vaccinal » autour des zones exposées, en vaccinant en priorité les populations de la Tshopo et du Haut-Uélé, provinces menacées par la progression du virus. Pour lui, cette protection préventive compléterait la vaccination en anneau autour des cas confirmés, et relèverait d’une mesure de santé publique plutôt que d’un essai clinique.

La concrétisation d’une campagne élargie dépendra des doses disponibles. Environ 2 000 sont actuellement en RDC, tandis que le stock mondial compte 500 000 doses d’Ervebo. L’Alliance Gavi s’est engagée à mobiliser 40 millions de dollars pour les mettre à disposition, si le vaccin est recommandé. Africa CDC évoque un prix de 98 dollars par dose.

En parallèle, deux vaccins spécifiquement développés contre Bundibugyo sont en phase I en Grande-Bretagne et au Canada, et un essai thérapeutique inclut déjà plus de 50 patients en Ituri.

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