« Le président Macky Sall ne fait l’objet d’aucune accusation. Il ne fait l’objet d’aucune poursuite, encore moins d’aucune condamnation. Il est citoyen de ce pays. Il a le droit d’entrer et de sortir du territoire. » Cette déclaration du ministre des Forces armées, Yankhoba Diémé, a été prononcée au micro de la RTS, en marge de la 56e session du Conseil de médiation et de sécurité (CMS) de la CEDEAO à Freetown. Pourtant, en foulant le sol sénégalais le 17 juillet 2026, l’ancien président n’a pu faire abstraction du Collectif des victimes qui, à Dakar, a saisi l’occasion de son retour pour rappeler avec force les attentes de vérité et de justice restées sans réponse.
Macky Sall a effectivement regagné le pays dans le cadre de sa campagne pour le poste de Secrétaire général des Nations unies. Accueilli à l’aéroport militaire Léopold Sédar Senghor, il a été reçu en audience par son successeur, le président Bassirou Diomaye Faye — une première rencontre officielle depuis la passation de pouvoir d’avril 2024 qui n’a pas éteint le souvenir des contentieux passés.
La CEDEAO magnifie l’attitude des autorités
La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a rapidement réagi. Selon le ministre Diémé, l’organisation régionale « a magnifié cette approche et cette attitude du président de la République et de l’Exécutif ». Elle a également constaté, pour s’en réjouir, le fonctionnement régulier des institutions au Sénégal.
Lors de cette réunion de haut niveau consacrée à la paix et à la sécurité régionales, la CEDEAO a relevé plusieurs signes de vitalité démocratique. Elle a notamment cité le retour de l’ancien Premier ministre à l’Assemblée nationale pour en devenir le président, le recours au Conseil constitutionnel par des députés contestant cette procédure, et le rejet par la même juridiction d’une tentative de révision constitutionnelle initiée par la majorité parlementaire.
« Le Sénégal n’a pas fini de donner des leçons de démocratie »
« C’est cela que la CEDEAO a remarqué pour estimer encore que le Sénégal n’a pas fini de donner des leçons de démocratie, de solidité de ses institutions et de leur fonctionnement régulier, assuré par le chef de l’État », a rapporté Yankhoba Diémé. Le ministre a souligné que le pays demeure une référence en matière d’ouverture, le président Faye ayant prêté serment de respecter la Constitution pour tous les citoyens.
Le retour de Macky Sall, qui ne fait l’objet d’aucune condamnation judiciaire, s’est ainsi déroulé sans encombre, sous le regard approbateur de l’organisation sous-régionale, a constaté senenews. Son séjour diplomatique s’inscrit dans une quête de soutiens pour sa candidature onusienne, l’ayant déjà conduit à amorcer un rapprochement avec Karim Wade à Doha, en marge d’une visite de condoléances à l’émir du Qatar.
