La révolution numérique bouleverse les habitudes de consommation des actualités au Sénégal. À Dakar, les vendeurs de journaux sont en première ligne face à ce changement. Leurs ventes baissent, grignotées par les smartphones et les réseaux sociaux. Un reportage de Pressafrik donne la parole à ces professionnels de l’information de rue, qui tentent de s’adapter.
Un métier de plus en plus difficile
Souleymane Camara arpente quotidiennement les rues de la capitale, des journaux à la main. Ce vendeur ambulant, domicilié à Thiaroye, travaille à la commission : 20 % sur chaque exemplaire vendu. « Je ne gagne pas beaucoup, mais c’est mieux que de voler, et je remercie Dieu », confie-t-il. Chaque matin, il récupère ses journaux auprès d’un fournisseur puis parcourt la ville. En fin de journée, il reverse l’argent des ventes et conserve sa part.
Moussa Diop, installé depuis une dizaine d’années sur l’avenue Georges-Pompidou au Plateau, fait le même constat. « Avant, les gens venaient tôt le matin pour acheter leur journal. Aujourd’hui, beaucoup ont déjà vu les informations sur leur téléphone avant même que les journaux arrivent », témoigne-t-il.
La jeune génération se détourne du papier. Aïssatou Ndiaye, étudiante, privilégie son téléphone pour s’informer : « Je consulte surtout les sites d’information et les réseaux sociaux. C’est plus rapide et je peux avoir les nouvelles à tout moment. » Un avis que ne partage pas Abdoulaye Fall, rencontré au Plateau, qui continue d’acheter son journal par habitude. « J’aime lire le journal papier. Le journal permet de s’arrêter et de suivre l’actualité tranquillement », estime-t-il.
Malgré ces difficultés, Souleymane Camara poursuit son activité. Il effectue aussi des livraisons pour des clients abonnés, qui le paient souvent en fin de mois. « Du coup, au moment de verser, je dois compléter avec mon propre argent », explique-t-il. Chaque jour, il continue de parcourir Dakar, ses exemplaires sous le bras, pour une rémunération modeste mais honnête.
