Keur Tamsir : l’héritage de Tafsir Momar Sène face aux défis du quotidien

Dans le département de Diourbel, Keur Tamsir préserve une identité religieuse héritée de son fondateur, alors que le village reste confronté à plusieurs manques essentiels. Le dossier de Keur Tamsir reste marqué par l’absence d’électricité, une difficulté qui pèse directement sur les activités économiques et les services de base.

Fondé au XIXe siècle par l’érudit Tafsir Momar Sène, le village revendique son authenticité spirituelle tout en accueillant des initiatives destinées à soutenir son développement. Mamadou Sène, cadre bancaire à la retraite et petit-fils du fondateur, rappelle que son aïeul était un maître du Coran, devenu cadi au tribunal musulman de Diourbel pendant quinze ans.

Selon un reportage de l’APS, les habitants associent cette histoire à la transmission de l’éducation religieuse, notamment par les femmes du village. Keur Tamsir est présenté comme l’un des douze villages de la commune de Touré Mbonde où l’empreinte religieuse demeure particulièrement forte.

Des activités freinées par le manque de moyens

L’agriculture et l’élevage constituent les principales activités locales. Des jeunes travaillent dans des fermes et des micro-fermes, mais ils disposent de moyens limités pour moderniser leurs exploitations. Une formation de trois jours en horticulture, apiculture, agriculture et maraîchage a été organisée au profit des jeunes et des femmes par l’Agence nationale pour la promotion de l’emploi des jeunes.

Le village compte environ 25 concessions et plus de 250 habitants. Il se trouve à 1,8 kilomètre de Touré Mbonde et à 7 kilomètres de Diourbel, avec un accès assuré par une piste sablonneuse. La commune a offert quinze lampadaires, une dotation jugée insuffisante par les habitants.

Cette situation illustre les difficultés d’équipement auxquelles restent confrontés de nombreux villages ruraux. À Thiarap, enclave peule de la commune de Mampatim située à 75 kilomètres de Kolda, près de la frontière bissau-guinéenne, près de 500 habitants vivent eux aussi sans réseau électrique collectif et sans forage adéquat pour l’eau courante. L’économie locale y repose sur l’agriculture vivrière, l’élevage et le petit commerce transfrontalier : autant d’activités dont le développement dépend directement de l’accès aux infrastructures de base.

Mamadou Sène affirme que des démarches ont été entreprises auprès des autorités et de la Senelec pour obtenir l’électrification du village. Le manque de courant limite également les activités du groupement des femmes, qui dispose pourtant d’une organisation et d’un compte bancaire.

À ces difficultés s’ajoutent le manque d’emploi et l’absence de structure sanitaire. Les diplômés peinent à trouver du travail, tandis que plusieurs jeunes exercent comme mécaniciens, chauffeurs ou maçons dans le secteur informel. Le village ne dispose ni de poste ni de case de santé.

L’école primaire de Keur Tamsir compte quatre classes et a été inaugurée dans les années 1990.

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