À l’occasion de la Journée de l’Enfant Africain, célébrée chaque 16 juin, le Réseau Africain des Médias pour l’Eau, l’Assainissement et l’Hygiène (RAM WASH) a publié une déclaration appelant les gouvernements et les partenaires à intensifier les investissements dans le secteur de l’eau, de l’assainissement et de l’hygiène (WASH). Selon le réseau, plus de 190 millions d’enfants en Afrique sont toujours confrontés à des risques graves liés à une eau insalubre, à un assainissement déficient et aux maladies hydriques.
Cette crise contribue fortement à la mortalité infantile et entrave les droits fondamentaux des enfants à la santé, à l’éducation et à la dignité. En République démocratique du Congo, la pire épidémie de choléra depuis 25 ans a causé près de 1 900 décès en 2025, avec plus de 64 000 cas signalés par l’UNICEF. Les enfants représentent près d’un quart des infections, soit 14 818 cas et 340 décès, et 17 des 26 provinces du pays sont touchées. Cette tragédie illustre l’urgence d’intervenir face à une situation qui ne cesse de se détériorer.
La croissance démographique rapide du continent exacerbe les défis : la population africaine, estimée à 1,5 milliard d’habitants en 2024, pourrait atteindre 2,5 milliards d’ici 2050. D’ici 2055, l’Afrique comptera près d’un milliard d’enfants, alors que les ressources en eau deviennent de plus en plus précaires en raison du changement climatique. Les inégalités entre zones rurales et urbaines restent prononcées, avec des écarts d’accès à l’eau potable pouvant atteindre 35 points de pourcentage. Des millions de femmes et de filles consacrent encore plus de trente minutes par jour à la collecte de l’eau, ce qui limite leur accès à l’éducation et aux activités économiques. Le RAM WASH souligne que la multiplication des phénomènes climatiques extrêmes, comme les sécheresses et les inondations, aggrave la crise, à l’instar du bassin du lac Tchad, dont la réduction progressive affecte des millions de personnes en Afrique centrale et de l’Ouest. Selon Sud Quotidien, cette alerte intervient dans un contexte où les besoins de financement restent criants.
À l’échelle mondiale, 2,2 milliards de personnes n’ont pas accès à une eau potable gérée en toute sécurité et 3,4 milliards manquent de services d’assainissement adéquats, selon l’ONU. L’objectif de 2030 (ODD 6) est jugé irréalisable, et une nouvelle échéance est discutée au sommet de Dakar, mettant la pression sur les décideurs. Lors de la rencontre préparatoire pour la conférence sur l’eau à Abu Dhabi, le président Faye a appelé à des solutions économiques structurelles pour éviter que cette réunion ne soit « une rencontre de plus ».
« Ces chiffres ne sont pas de simples statistiques. Ils traduisent une crise de survie, de dignité et d’égalité des chances pour des millions d’enfants africains », estime le réseau. Face à cette urgence, le RAM WASH appelle à un renforcement immédiat des investissements dans les infrastructures WASH adaptées aux enfants, à l’intégration du droit à l’eau et à l’assainissement dans les politiques nationales, et à la priorisation des écoles, des centres de santé et des communautés vulnérables. Le réseau plaide également pour une gouvernance plus transparente des ressources allouées au secteur.


