Alors que l’Afrique affiche des ambitions d’intégration et de transformation, des centaines de millions d’habitants n’ont toujours pas accès à l’eau potable. C’est dans ce contraste que s’est tenue la Journée de l’Afrique, célébrée en marge des Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement (BAD), organisées à Brazzaville du 25 au 29 mai 2026.
Le thème retenu cette année porte sur l’accès durable à l’eau et sur des systèmes d’assainissement sûrs pour atteindre les objectifs de l’Agenda 2063. Dr Sidi Ould Tah a défendu ce sujet en rappelant que l’eau ne relève pas seulement de la technique ou de l’environnement. Selon le président de la BAD, cité au cours de cette journée et rapporté par lesoleil, il s’agit aussi d’un enjeu de dignité, de santé publique, d’autonomisation des femmes, de sécurité alimentaire, de résilience climatique, mais aussi de stabilité et de paix. Il a aussi affirmé qu’aucune transformation du continent ne peut aboutir si des millions de femmes et de jeunes filles passent encore des heures chaque jour à chercher de l’eau.
La pression reste lourde à l’échelle du continent. En mars 2026, lors d’échanges consacrés aux ressources hydriques africaines, il avait été indiqué que 400 millions de personnes manquaient d’eau en Afrique. Dans le même temps, les besoins de financement pour atteindre les Objectifs de développement durable avaient été évalués à 114 millions de dollars. Cette question touche aussi directement les femmes et les jeunes filles, déjà présentées en mars par les autorités sénégalaises comme les premières exposées aux difficultés d’accès à l’eau, avec des effets sur la santé, la scolarité et l’autonomisation.
Dr Sidi Ould Tah a également relié cette question hydrique à l’ambition économique africaine. Il a estimé qu’aucune économie ne peut prospérer durablement lorsque les chocs climatiques fragilisent l’agriculture et les moyens de subsistance, et qu’aucune ambition industrielle ne peut réussir sans sécurité hydrique et énergétique. Dans ce registre, la sécurité hydrique désigne la capacité à garantir durablement l’accès à l’eau pour les populations, l’agriculture et les activités économiques.
Présente à cette célébration au nom de Mahmoud Ali Youssouf, président de la Commission de l’Union africaine, Selma Malika Haddadi a salué les défis relevés par le continent depuis 1963, année de création de l’Union africaine. Elle a ensuite plaidé pour une Afrique à l’abri des besoins en ressources essentielles comme l’eau, qu’elle a elle aussi présentée comme un facteur de paix, de stabilité et de développement.