Jeunes surfeurs sénégalais : sans épreuve aux JOJ, ils rêvent d’olympisme

Le surf est montré pendant les Jeux olympiques de la jeunesse de Dakar, mais ses jeunes pratiquants sénégalais ne peuvent pas y concourir : la discipline ne fait pas partie des 25 sports en compétition.

Cette absence prend un relief particulier dans une édition historique. Du 31 octobre au 13 novembre, Dakar, Diamniadio et Saly accueillent quelque 2 700 athlètes de 14 à 18 ans. Le Sénégal est le premier pays africain à organiser un événement olympique depuis la renaissance des Jeux modernes, en 1896, et Mamadou Diagna Ndiaye, président du comité d’organisation, veut faire de ces JOJ une « référence ». Pour les jeunes surfeurs de Ngor, l’enjeu est aussi de ne pas rester au bord de ces Jeux : la jeunesse doit en être davantage que le public, et pouvoir y faire valoir ses talents.

Sur les rochers de Ngor, Assane Guèye, 16 ans, et Mame Seydi Mbengue, 15 ans, regardent les surfeurs à l’eau. Les jeunes surfeurs sénégalais rêvent d’une carrière professionnelle et d’olympisme, alors que le surf reste absent des épreuves des JOJ.

Assane a découvert les vagues en suivant un ami et dit vouloir vivre de ce sport. Mame Seydi, qui surfe depuis l’âge de sept ans et a obtenu sa première licence à Malika Surf, pointe le manque de matériel et de sponsors. Les deux adolescents admirent des champions brésiliens : Gabriel Medina pour Assane et Yago Dora pour Mame Seydi.

La démonstration organisée en marge des Jeux vise à faire connaître la pratique africaine. RFI Afrique rapporte que René Pierre Laraise, directeur technique de la fédération sénégalaise de surf, situe à Ngor les débuts de la discipline au Sénégal : les premières images remontent à 1966.

Chérif Fall, neuf fois champion du Sénégal, estime que les filles comme les garçons affichent un bon niveau. Il regrette qu’ils ne puissent pas se mesurer à d’autres jeunes dans une compétition des JOJ. L’ancien champion français Michel Bourez juge, lui aussi, que le Sénégal a laissé passer une possibilité de médaille sur une vague familière aux jeunes du pays.

Tidiane Ndour, ancien gardien de l’Olympique de Ngor passé par la première division sénégalaise de football, dit voir des enfants de neuf ans affronter des vagues de deux mètres. Il s’inquiète aussi de ceux qui délaissent l’école pour passer leurs journées sur les spots et appelle à davantage de moyens pour leur ouvrir une voie vers l’international.

Marc, sculpteur français installé à Ngor depuis 26 ans, observe la progression des enfants de 5 à 12 ans et la démocratisation du surf. Il cite notamment l’exemple de Chérif Fall, qui a contribué à susciter l’intérêt des plus jeunes et de leurs parents.

La démonstration de Ngor réunit huit surfeurs venus notamment d’Afrique du Sud, d’Angola, du Liberia, du Mozambique et du Ghana.

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