Jérusalem-Est : après l’expulsion de 11 familles, les ONG alertent sur le nombre de Palestiniens menacés du même sort

La pression foncière et sécuritaire s’intensifie dans les quartiers palestiniens de Jérusalem-Est. Alors que l’attention internationale reste focalisée sur la bande de Gaza, les autorités israéliennes viennent de procéder à une nouvelle vague d’évacuations forcées au sud de la vieille ville, suscitant l’inquiétude des organisations de défense des droits humains face à l’ampleur des procédures en cours.

L’opération s’est déroulée mercredi dans le secteur de Batn al-Hawa, situé dans le quartier de Silwan, à proximité immédiate de l’esplanade des Mosquées (Al-Aqsa). Selon les informations relayées par la chaîne Al Jazeera, au moins onze familles palestiniennes ont été contraintes de quitter leurs domiciles. Un important dispositif de la police israélienne a été déployé sur place pour encadrer des travailleurs portant des gilets orange, chargés de vider les habitations des biens de leurs occupants.

Le Conseil norvégien pour les réfugiés (NRC) indique que ces propriétés devraient être transférées à Ateret Cohanim, une organisation de colons israéliens. Cette saisie fait suite à une décision rendue début janvier par la Cour suprême israélienne, qui a rejeté l’ultime recours des résidents de Batn al-Hawa. L’ONG Ir Amim précise que ces expulsions s’appuient sur une législation israélienne de 1970. Ce texte autorise exclusivement les citoyens juifs à revendiquer des propriétés prétendument possédées avant 1948, un droit qui n’est pas accordé aux Palestiniens.

Au-delà de ces onze foyers, les organisations humanitaires alertent sur le volume des dossiers similaires. Le NRC estime que plus de 1 000 autres Palestiniens de Jérusalem-Est sont actuellement exposés à un risque d’expulsion forcée. De son côté, l’organisation israélienne B’Tselem détaille qu’environ 90 familles, soit 700 personnes, font face à une menace imminente à Batn al-Hawa, auxquelles s’ajoutent 1 500 résidents issus de 150 familles dans le secteur voisin d’al-Bustan. B’Tselem décrit ces mesures comme une politique visant à modifier l’équilibre démographique du quartier.

Ces évictions s’inscrivent dans un contexte de violences accrues en Cisjordanie occupée, incluant Jérusalem-Est, en marge de l’offensive militaire israélienne dans la bande de Gaza déclenchée en octobre 2023. Les données des Nations Unies recensent au moins 1 052 Palestiniens tués par les forces israéliennes ou des colons dans cette région entre le début du conflit et la fin janvier de cette année, tandis que des dizaines de milliers de personnes ont été déplacées à travers la Cisjordanie.

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