« Je n’avais jamais vu autant de corps » : en RDC, Amnesty accable l’ADF

Dans l’est de la République démocratique du Congo, Amnesty International accuse le groupe armé Allied Democratic Forces (ADF) d’avoir commis des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité contre des civils. Le rapport, publié lundi, documente des meurtres, des enlèvements, du travail forcé, des mariages forcés, des violences sexuelles et l’exploitation d’enfants dans la province du Nord-Kivu.

Selon les informations rapportées par Al Jazeera, le document d’Amnesty s’intitule « I’d Never Seen So Many Bodies: War Crimes by the Allied Democratic Forces in the eastern Democratic Republic of Congo ». L’ONG affirme que l’ADF mène depuis des années une campagne armée contre les autorités centrales de Kinshasa. Le groupe avait prêté allégeance à l’État islamique en 2019, sous l’appellation ISIS-Central Africa.

Amnesty dit avoir interrogé 71 personnes, dont des survivants d’attaques attribuées à l’ADF, ainsi que des travailleurs humanitaires et des policiers. Parmi les cas cités figure une attaque menée en septembre 2025 dans le village de Ntoyo, où des combattants se seraient fait passer pour des personnes en deuil avant de tuer plus de 60 personnes avec des marteaux, des machettes, des armes à feu et des haches lors d’une veillée funèbre.

Deux mois plus tard, dans le village voisin de Byambwe, au moins 17 civils auraient été tués et quatre services d’un hôpital incendiés. Un survivant cité par Amnesty a déclaré que les assaillants « tiraient sur tout ce qui bougeait » dans cet établissement médical géré par une église. D’après Al Jazeera, ces attaques s’inscrivent dans un contexte sécuritaire déjà aggravé par la rébellion du M23, soutenue par le Rwanda selon la source, tandis que l’ADF aurait profité de cette attention détournée pour intensifier ses opérations.

L’ONG indique également avoir recueilli les témoignages de cinq femmes et deux filles contraintes à des mariages forcés avec des combattants de l’ADF. Selon leurs récits, des membres du groupe recevaient des « épouses » comme incitation à combattre le gouvernement. Sous la menace de mort, des victimes auraient été forcées de se convertir à l’islam et soumises à des violences sexuelles et physiques. Amnesty affirme aussi avoir documenté 46 cas d’enlèvement, avec des victimes soumises à des rançons, à la torture, à l’esclavage sexuel, au travail forcé ou tuées.

Face à cette situation, Amnesty International appelle les autorités congolaises à renforcer la protection des civils et à travailler avec l’ONU et les communautés locales pour améliorer les systèmes d’alerte précoce et la rapidité des interventions. Des témoins ont affirmé que les forces de sécurité arrivaient parfois tard sur les lieux des attaques, voire pas du tout. L’organisation demande également un appui durable aux survivants et aux communautés affectées.

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Un commentaire

  1. Sacré Afrique toujours la même chanson on utilise ton frère contre toi vous vous massacrez et on vole en douce vos ressources naturelles, soudan,malie lybie ,ect….quand le réveil ?

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