C’est un document accablant que vient de rendre public le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme. Dans un rapport diffusé ce vendredi, l’instance onusienne détaille les exactions commises lors de la prise de la ville d’El-Fasher, dans l’ouest du Soudan, par les Forces de soutien rapide (FSR). Au-delà des combats classiques, le texte décrit une violence méthodique ciblant directement les civils, avec des éléments qui pourraient constituer des crimes contre l’humanité.
Selon les conclusions de l’ONU, basées sur plus de 140 entretiens avec des victimes et des témoins, les forces paramilitaires et leurs alliés ne se sont pas contentés de prendre le contrôle militaire de la capitale du Darfour du Nord le 26 octobre 2025. Le rapport fait état de meurtres, d’attaques intentionnelles contre des civils, de violences sexuelles et de l’utilisation de la famine comme arme de guerre.
L’épisode le plus sanglant documenté concerne le dortoir Al-Rashid de l’université d’El-Fasher. Alors que le bâtiment abritait environ 1 000 civils cherchant refuge, les combattants des FSR l’ont assiégé avant d’ouvrir le feu à l’arme lourde. Le bilan avancé par l’ONU est lourd : environ 500 personnes ont perdu la vie lors de cet assaut.
Les témoignages recueillis par l’ONU et relayés par Al Jazeera décrivent des scènes d’une violence extrême. Un témoin raconte avoir vu des corps « projetés en l’air » par la puissance des impacts, comparant la scène à un « film d’horreur ». Le rapport documente également des exécutions sommaires systématiques. Dans le quartier de Daraja Oula, des combattants auraient rassemblé environ 300 jeunes hommes avant de les diviser en groupes de 30 pour les abattre méthodiquement, utilisant parfois des grenades ou des brûleurs à gaz pour achever les victimes.
Cette prise de contrôle intervient après un siège de 18 mois qui avait déjà coupé la ville de tout approvisionnement en nourriture et médicaments. Si les FSR, dirigés par le général Mohamed Hamdan Dagalo dit « Hemedti », ont tenté de minimiser ces événements en rejetant la faute sur des groupes alliés, Volker Turk, le chef des droits de l’homme de l’ONU, appelle à des enquêtes impartiales. Il exhorte également la communauté internationale à faire respecter l’embargo sur les armes, alors que le conflit continue de s’étendre, impliquant des accusations d’ingérence étrangère, notamment vis-à-vis des Émirats arabes unis, qui nient tout soutien militaire aux paramilitaires.
Quelle horreur!! Comment est-ce que des êtres humains peuvent faire ça à leurs semblables??
Est-ce le début de la fin de notre monde???