En Israël, la question de la sécurité dans les localités palestiniennes revient au premier plan après une nouvelle séquence de violences impliquant des jeunes. Le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, a annoncé une opération nationale contre cette hausse de la criminalité, après le meurtre la semaine dernière de Yemanu Binyamin Zalka, un ancien soldat israélien de 21 ans.
D’après Al Jazeera, cette réaction tranche avec les critiques formulées depuis des années sur le traitement réservé aux villes et villages palestiniens d’Israël. Le média rapporte que la violence dans ces localités a déjà fait près de 100 morts et que, selon le ministère israélien des Finances, son coût pour le pays peut atteindre 6,7 milliards de dollars par an.
Face aux caméras, Itamar Ben-Gvir a déclaré qu’il s’agirait d’une « guerre totale », promettant de rétablir la sécurité dans les rues et de faire payer « un lourd prix » à toute personne s’en prenant à des civils israéliens. Mais plusieurs critiques citées par Al Jazeera dénoncent un système de maintien de l’ordre à deux vitesses, au détriment de ce que les autorités israéliennes appellent le « secteur arabe ».
Les chiffres avancés dans l’article illustrent cette disparité. Le quotidien israélien Haaretz, cité dans le contenu source, indique que le taux d’homicides dans les communautés palestiniennes est passé de 4,9 pour 100.000 habitants en 2020 à 11 pour 100.000. À l’inverse, dans la société juive israélienne, ce taux est estimé à environ 0,6 pour 100.000. Le texte précise aussi qu’il n’existe qu’environ 10 postes de police dans les zones à majorité palestinienne, alors que ces infrastructures sont courantes dans les zones à majorité juive.
Parmi les décisions les plus contestées figure l’approbation, en décembre, d’une coupe de 68,5 millions de dollars dans un programme de développement économique destiné aux communautés palestiniennes d’Israël, afin de financer davantage d’activités policières dans ces mêmes localités. Des critiques interrogés dans l’article estiment que des moyens supplémentaires pour la police sont nécessaires, tout en soulignant que ces fonds provenaient d’un programme visant à agir sur les causes structurelles de la criminalité, notamment le logement et le développement économique.
Les citoyens palestiniens d’Israël représentent environ 21 % de la population du pays. Selon les données officielles de 2024 reprises dans le contenu source, 37,6 % des ménages palestiniens en Israël vivent sous le seuil de pauvreté. Le texte mentionne également une aggravation du chômage après la fermeture de l’accès à la Cisjordanie occupée, où de nombreux Palestiniens d’Israël travaillaient auparavant. Plusieurs universitaires, responsables politiques et analystes interrogés par Al Jazeera mettent en cause la politique du gouvernement de Benjamin Netanyahu et le rôle de Ben-Gvir dans la dégradation de la situation sécuritaire au sein de ces communautés.