Dans un contexte de tensions exacerbées au Moyen-Orient, la politique sécuritaire menée par le gouvernement israélien en Cisjordanie occupée connaît un virage marqué. Alors que la communauté internationale surveille de près l’expansion des implantations, le ministère de la Sécurité nationale vient d’acter une mesure administrative qui modifie considérablement les capacités de réponse des résidents israéliens face aux menaces perçues.
Le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, a officiellement approuvé la délivrance de permis de port d’armes pour les résidents de dix-huit colonies supplémentaires en Cisjordanie occupée. Selon les informations relayées par Al Jazeera, cette décision s’inscrit dans une volonté gouvernementale d’étendre les avant-postes, bien que ces derniers soient considérés comme illégaux au regard du droit international et compromettent, selon de nombreux observateurs, la solution à deux États.
**Une augmentation massive des permis de port d’armes**
Pour justifier cette mesure, le ministre Ben-Gvir a indiqué sur Telegram que ces colonies pourraient désormais soumettre des demandes pour des armes personnelles, affirmant que l’objectif est de « renforcer l’autodéfense et accroître la sécurité personnelle ». Cependant, les données communiquées par le ministère révèlent un changement d’échelle drastique dans l’application de cette politique.
Depuis l’élargissement des critères d’éligibilité, plus de 240 000 Israéliens ont obtenu un permis de port d’armes. À titre de comparaison, environ 8 000 permis étaient délivrés annuellement les années précédentes. Le ministre a qualifié ce chiffre de « nombre sans précédent », estimant qu’il contribue à déjouer des attaques avant même l’arrivée des forces de sécurité.
**Des équipements de type militaire**
Sur le terrain, cette politique se traduit par une militarisation accrue des civils. Les Israéliens résidant en Cisjordanie occupée disposent désormais d’un arsenal allant de pistolets à des fusils d’assaut de type M16 de fabrication américaine, ainsi que de drones. Si les autorités israéliennes maintiennent que cet armement est nécessaire à la protection des résidents, les organisations locales documentent une réalité différente, marquée par des déplacements forcés de populations palestiniennes.
Les statistiques de l’ONU rapportent une recrudescence significative des violences. En 2025, plus de 1 800 attaques de colons contre des Palestiniens ont été recensées, soit une moyenne d’environ cinq par jour. Ces incidents ont causé des pertes humaines ou des dégâts matériels dans près de 280 communautés. Au total, 240 Palestiniens, dont 55 enfants, ont été tués en Cisjordanie par les forces israéliennes ou des colons au cours de l’année 2025.
**Le cadre juridique international**
Cette expansion de l’armement civil intervient alors que la Cour internationale de Justice (CIJ) a statué en 2024 que la présence continue d’Israël dans le territoire palestinien occupé est illégale et doit cesser « aussi rapidement que possible ». Malgré cela, le nombre de colonies et d’avant-postes en Cisjordanie et à Jérusalem-Est occupée a augmenté de près de 50 % depuis 2022, passant de 141 à 210.