À quelques jours de la Tabaski 2026, l’attention se concentre déjà sur deux points très concrets pour les ménages comme pour les vendeurs : la disponibilité des moutons et leur niveau de prix. C’est dans ce contexte qu’Ismaïla Sow, président du Conseil national de la maison des éleveurs du Sénégal, s’est entretenu au foirail de Sewekhaye sur l’approvisionnement du marché, l’évolution des tarifs et les contraintes qui pèsent sur l’élevage.
Reçu sur place, il a accordé cet entretien exclusif au moment où les éleveurs et les consommateurs attendent des réponses sur l’arrivée des animaux dans les points de vente, alors que la fête approche. Il y aborde aussi les difficultés liées à l’aliment de bétail, un poste central pour les éleveurs, puisque cette alimentation conditionne l’entretien des troupeaux avant leur mise sur le marché (APS).
Cette question de l’approvisionnement reste d’autant plus sensible que le Sénégal dépend encore d’entrées de moutons en provenance de pays voisins. En 2024, plus de 885 000 têtes avaient été recensées, mais le marché restait tributaire des importations venant notamment du Mali, du Niger et de la Mauritanie. Cette dépendance continue d’alimenter les discussions sur la capacité du pays à couvrir la demande de la Tabaski sans tension excessive sur les prix.
Le sujet du coût de production revient aussi avec insistance chez les acteurs du secteur. Dans les débats récents sur l’élevage, la restructuration de la chaîne de valeur a été mise en avant, tandis que le Programme national de développement intégré de l’élevage, le PNDIES, a été cité parmi les dispositifs déjà en place. Dans ce dossier, l’aliment de bétail occupe une place particulière, car son renchérissement ou sa rareté se répercute directement sur les charges supportées par les éleveurs.
La pression régionale autour de la Tabaski complique en outre les mouvements habituels dans l’espace sahélien. Depuis la fin avril 2026, les routes vers Bamako ont été perturbées par un blocus jihadiste, avec des autobus et des camions incendiés et des rotations suspendues par des transporteurs. Ces perturbations concernent le Mali et non le marché sénégalais en tant que tel, mais elles rappellent que les circuits de transport dans la sous-région peuvent peser sur les échanges à l’approche de la fête. L’entretien d’Ismaïla Sow s’est tenu au foirail de Sewekhaye, à quelques jours de la Tabaski 2026.