Isatu Fofana déférée à Ziguinchor pour traite et exploitation sexuelle

Dans l’appartement du quartier Castors où les enquêteurs se sont rendus, six jeunes filles sierra-léonaises âgées de 16 à 23 ans ont été retrouvées. Selon leurs déclarations recueillies séparément, elles pensaient avoir été recrutées et hébergées pour occuper un emploi légal, mais auraient ensuite été contraintes à se prostituer.

L’enquête de la Division nationale de lutte contre le trafic de migrants a été ouverte après un renseignement opérationnel reçu le 17 février 2026, qui signalait un réseau structuré de recrutement par ruse en Sierra Leone. Le 22 février, trois individus ont été déférés devant le procureur de la République près le Tribunal de grande instance de Ziguinchor. La principale mise en cause approchait des familles sierra-léonaises en leur proposant de prétendues possibilités d’emploi au Sénégal et prenait en charge leurs frais de voyage.

Les jeunes femmes auraient aussi évoqué une dette de deux millions de francs CFA, qu’elles auraient dû rembourser, tandis que les recruteuses percevaient chaque jour l’argent tiré de leurs activités. Elles ont également rapporté que leurs documents administratifs et leurs téléphones leur avaient été retirés et que leurs échanges avec l’extérieur étaient limités. Certaines auraient subi des privations et des mauvais traitements lorsqu’elles refusaient de se prostituer.

Isatu Fofana, connue sous le nom de Joelle, a été interpellée à Ziguinchor puis déférée au parquet. Elle est visée par une enquête sur des faits présumés de traite de personnes et d’exploitation sexuelle. Les chefs de poursuite comprennent notamment l’association de malfaiteurs, le proxénétisme, l’extorsion de fonds et le faux en documents administratifs.

Au cours de son interrogatoire, Isatu Fofana aurait reconnu plusieurs éléments rapportés par les jeunes filles et déclaré faire partie d’un réseau transnational actif entre la Sierra Leone, la Guinée-Bissau et le Sénégal. L’analyse de son téléphone a permis aux enquêteurs d’y relever plusieurs reçus de transferts d’argent. D’après Lactuacho, la mise en cause aurait indiqué que les sommes correspondaient aux revenus des activités sexuelles imposées aux jeunes filles.

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