Iran : malgré le cessez-le-feu, Pékin veut des garanties sur Ormuz

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, est arrivé mercredi à Pékin pour une visite d’une journée marquée par des discussions avec son homologue chinois Wang Yi, sur fond de fortes tensions autour du détroit d’Ormuz et à une semaine du déplacement prévu de Donald Trump en Chine.

Selon les informations rapportées par Al Jazeera, deux dossiers dominent cet échange: le maintien du cessez-le-feu conclu en avril et la réouverture du détroit d’Ormuz, voie maritime stratégique pour les approvisionnements mondiaux en pétrole et en gaz. L’agence officielle chinoise Xinhua a confirmé le début de la réunion entre Abbas Araghchi et Wang Yi, sans donner davantage de détails sur son contenu.

Il s’agit de la première visite d’Abbas Araghchi en Chine depuis le début de la guerre entre les États-Unis, Israël et l’Iran. Pékin est présenté comme un allié proche de Téhéran. Avant ce déplacement, les deux ministres avaient déjà échangé au téléphone à au moins trois reprises depuis le déclenchement du conflit.

D’après Al Jazeera, Pékin a critiqué le blocus naval américain visant les ports iraniens, jugé dangereux, tout en exprimant aussi des réserves sur la fermeture répétée du détroit d’Ormuz par l’Iran. Cette fermeture est intervenue après le début de la guerre et a entraîné une flambée des prix du carburant et des engrais, avec des répercussions sur l’économie mondiale. De son côté, Washington cherche à obtenir de Téhéran un accord dans les pourparlers de paix menés par le Pakistan, notamment sur l’arrêt de tout enrichissement nucléaire.

Au même moment, le président américain Donald Trump a annoncé une pause dans l’opération militaire américaine lancée lundi pour escorter les navires bloqués dans le détroit d’Ormuz. Selon Washington, plusieurs embarcations iraniennes ayant tenté d’interférer ont été coulées. Les Émirats arabes unis ont également fait état de nouvelles attaques de missiles et de drones attribuées à l’Iran, dont l’une a provoqué un incendie dans une importante raffinerie de pétrole. Téhéran nie cette accusation.

La rencontre de Pékin intervient enfin avant le sommet prévu les 14 et 15 mai entre Donald Trump et le président chinois Xi Jinping. Selon Al Jazeera, Abbas Araghchi cherche aussi à savoir quelle position la Chine défendra lors de cette réunion et si Pékin envisage des concessions à Washington susceptibles d’inquiéter Téhéran. Les discussions directes entre responsables iraniens et américains, tenues à Islamabad les 11 et 12 avril, s’étaient achevées sans accord.

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