En Iran, le syndicat de la marine marchande affirme qu’au moins 44 marins iraniens ont été tués depuis le début de la guerre impliquant les États-Unis et Israël contre le pays. Le décompte, communiqué vendredi par le secrétaire général du syndicat, porte sur la période allant du 28 février au 1er avril et ne comprend pas les membres de la marine militaire iranienne.
Selon les informations rapportées par Al Jazeera, cette liste inclut 22 marins civils, 16 pêcheurs et 6 dockers. Le responsable syndical Saman Rezaei a également fait état de 29 blessés et de neuf disparus. Al Jazeera précise toutefois ne pas avoir pu vérifier de manière indépendante ce bilan, que Rezaei dit avoir compilé à partir de données de l’Organisation iranienne des ports et de la mer ainsi que des membres de son syndicat.
D’après Rezaei, plusieurs lettres de plainte ont été adressées en mars et en avril à l’Organisation maritime internationale (OMI), une agence des Nations unies. Il y attribue ces décès à des « attaques des armées américaine et israélienne contre les ports iraniens et les flottes commerciales iraniennes » dans les eaux territoriales iraniennes et dans le Golfe. Le syndicat iranien, affilié à la Fédération internationale des ouvriers du transport (ITF), indique aussi fournir une assistance humanitaire, médicale et de rapatriement aux marins bloqués.
Le responsable syndical a déclaré à Al Jazeera que les équipages faisaient face à une baisse des approvisionnements, mais aussi à une « détresse psychologique sévère » après 60 jours passés dans une zone de guerre s’étendant du Golfe à l’océan Indien. Selon le média, plus de 3 000 frappes aériennes ont été menées à travers l’Iran depuis le 28 février, d’après l’observatoire indépendant ACLED, tandis que l’Iran aurait conduit près de 1 600 frappes de représailles à travers le Moyen-Orient.
Un cessez-le-feu entre Washington et Téhéran est entré en vigueur le 8 avril, mais les États-Unis ont ensuite lancé le 13 avril un blocus naval de tous les ports iraniens afin de freiner les exportations pétrolières de l’Iran et de faire pression pour la réouverture du détroit d’Hormuz. Cette voie maritime, par laquelle transite habituellement un cinquième des exportations mondiales d’énergie et de gaz, est de fait fermée depuis le début du conflit. Le texte indique que 20 000 marins y sont bloqués depuis au moins deux mois.
Par ailleurs, les forces iraniennes ont continué à viser des navires tentant de quitter le détroit malgré le cessez-le-feu, et deux cargos battant pavillon du Panama et du Liberia ont été saisis le 22 avril. De leur côté, les forces américaines ont arraisonné le navire iranien MV Touska le 19 avril dans le golfe d’Oman. Selon Rezaei, 23 membres d’équipage, deux cadets, deux femmes et un enfant se trouvaient à bord, un chiffre qu’Al Jazeera n’a pas pu vérifier indépendamment. Il a ajouté que les deux femmes et l’enfant faisaient partie des six personnes relâchées cette semaine par les forces américaines puis renvoyées en Iran.