Depuis le déclenchement des frappes conjointes avec Israël le 28 février dernier, l’engagement militaire des États-Unis en Iran soulève des interrogations quant à son impact économique. Face à ces préoccupations, l’administration de Donald Trump vient de clarifier le poids financier de ces opérations en cours.
Intervenant dimanche sur le plateau de l’émission Face the Nation de la chaîne CBS, Kevin Hassett, directeur du Conseil économique national de la Maison Blanche et principal conseiller économique de Donald Trump, a indiqué que Washington a déjà dépensé 12 milliards de dollars dans ce conflit. Selon les informations rapportées par la chaîne Al Jazeera, le responsable a dû préciser en cours d’interview qu’il s’agissait bien du montant actuel et non d’une prévision globale pour l’ensemble de la guerre. La présentatrice Margaret Brennan a d’ailleurs souligné que plus de 5 milliards de dollars en munitions avaient été utilisés au cours de la seule première semaine.
Malgré l’inquiétude des consommateurs américains face à la hausse des prix à la pompe, Kevin Hassett a minimisé la menace économique pesant sur les États-Unis. Il a affirmé que les marchés financiers anticipent une résolution rapide du conflit et une baisse des prix de l’énergie. Concernant les menaces iraniennes sur le détroit d’Ormuz, par lequel transite environ 20 % de l’approvisionnement mondial en pétrole, le conseiller a soutenu qu’une perturbation affecterait davantage les pays dépendants de cette région. Contrairement aux années 1970, les États-Unis sont aujourd’hui un producteur majeur disposant de réserves abondantes, a-t-il argué.
Sur le plan militaire, les dépenses pourraient encore s’alourdir. Le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, a prévenu que les bombardements sur l’Iran étaient sur le point de s’intensifier considérablement. Cette perspective s’accompagne d’un flou politique sur les objectifs réels de l’opération. Les déclarations de l’administration de Donald Trump ont successivement évoqué le démantèlement du programme nucléaire iranien, la destruction de ses capacités balistiques, puis la menace sur ses infrastructures pétrolières.
Après un briefing classifié au Sénat début mars, le chef de la minorité sénatoriale, Chuck Schumer, s’est dit préoccupé par un éventuel enlisement, qualifiant la séance d’insatisfaisante et déplorant des justifications changeantes au quotidien. De son côté, le sénateur Chris Van Hollen a déclaré à Al Jazeera que les États-Unis avaient ouvert la boîte de Pandore sans savoir où cela mènerait.
Sur le terrain, le bilan humain s’alourdit. Depuis le 28 février, au moins 1 444 personnes ont été tuées en Iran. Dans les rangs américains, 13 soldats ont perdu la vie et plus de 140 ont été blessés. Les hostilités se sont également étendues au Liban, tandis que les pays du Golfe continuent de faire face à des attaques répétées de drones iraniens. Face à cette instabilité, certains États, à l’instar de l’Inde, ont commencé à contourner Washington pour négocier directement avec Téhéran la sécurisation du passage de leurs navires pétroliers dans le détroit d’Ormuz.