Le président américain Donald Trump a de nouveau durci le ton à l’égard de l’Iran, mercredi, en appelant Téhéran à accepter les exigences de Washington sur son programme nucléaire. Cette nouvelle prise de position intervient alors que les discussions restent bloquées et que les tensions continuent de peser sur les marchés de l’énergie.
D’après Insider Paper, Donald Trump a averti que l’Iran devait « devenir intelligent rapidement » et céder aux demandes américaines sur des contrôles stricts de son programme nucléaire. Sur son réseau social, le président américain a écrit qu’« Iran can’t get their act together… They better get smart soon », dans un message accompagné d’un visuel le montrant armé devant des explosions, avec le slogan : « No more Mr. Nice Guy! ».
Selon un responsable de l’administration américaine cité sous couvert d’anonymat, Donald Trump a également évoqué avec des dirigeants du secteur pétrolier la possibilité de prolonger pendant plusieurs mois le blocus naval actuel si nécessaire, tout en cherchant à limiter les effets sur les consommateurs américains. Cette déclaration est intervenue après des informations de presse selon lesquelles il avait rejeté la dernière proposition iranienne visant à rouvrir le détroit d’Ormuz.
Le blocage des pourparlers a eu un effet immédiat sur les cours du pétrole. Vers 13h35 GMT, le baril de Brent pour livraison en juin progressait de 5,16 %, à 117 dollars, son plus haut niveau depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu fragile entre les États-Unis et l’Iran le 8 avril. Le Programme des Nations unies pour le développement a, de son côté, averti que la guerre pouvait faire basculer plus de 30 millions de personnes dans la pauvreté dans 160 pays, en raison notamment de la flambée des prix de l’énergie et des engrais.
Sur le terrain économique, l’Iran subit aussi les conséquences de la crise. Mercredi, le rial iranien est tombé à des niveaux historiquement bas face au dollar. Des habitants de Téhéran interrogés par l’AFP ont fait état d’un profond découragement, estimant que chaque cycle de négociations s’était jusqu’ici accompagné d’un durcissement des sanctions, sans amélioration pour la population sur les questions économiques ou de liberté.
Les positions restent éloignées entre les deux pays. Un porte-parole de l’armée iranienne a déclaré à la télévision d’État que Téhéran ne considérait pas la guerre comme terminée et qu’il n’avait « aucune confiance en l’Amérique ». De son côté, le porte-parole du ministère iranien de la Défense, Reza Talaei-Nik, a affirmé que Washington devait renoncer à ses « demandes illégales et irrationnelles ». La dernière proposition iranienne, relayée par le Pakistan selon l’agence Fars, prévoyait un assouplissement du blocage du détroit d’Ormuz et une levée du blocus américain pendant la poursuite de négociations plus larges.
La crise a aussi des répercussions régionales. Le Qatar a mis en garde contre le risque d’un « conflit gelé » en l’absence d’accord définitif. Au Liban, malgré un cessez-le-feu récemment prolongé entre Israël et le Hezbollah, les violences se poursuivent. L’armée libanaise a indiqué qu’une frappe israélienne avait blessé deux soldats mardi, avant qu’une autre ne tue un militaire mercredi. Un rapport soutenu par l’ONU estime par ailleurs que plus de 1,2 million de personnes au Liban pourraient être confrontées à une faim aiguë à cause de la guerre récente.
