Alors que les États-Unis renforcent considérablement leur présence militaire au Moyen-Orient, l’administration américaine vient de clarifier la hiérarchie de ses priorités concernant le dossier iranien. Si les canaux de discussion restent ouverts, Washington ne cache plus que des scénarios beaucoup plus offensifs font l’objet de consultations actives au plus haut sommet de l’État.
La Maison-Blanche a tenu à réaffirmer, ce mercredi, que la voie diplomatique demeure la « première option » du président Donald Trump. Karoline Leavitt, porte-parole de l’administration, a souligné que le président souhaite avant tout qu’un accord soit conclu. « L’Iran serait très avisé de conclure un accord avec le président Trump et avec cette administration », a-t-elle averti, précisant que la diplomatie reste l’axe privilégié face à Téhéran ou tout autre nation.
Cependant, derrière cet affichage diplomatique, une autre réalité se dessine dans le Bureau Ovale. La porte-parole a explicitement reconnu que Donald Trump « s’entretient avec de nombreuses personnes », et en premier lieu son équipe de sécurité nationale, au sujet de potentielles frappes militaires. Selon les informations rapportées par l’agence Anadolu, Mme Leavitt a même admis qu’il existait « de nombreuses raisons et arguments que l’on pourrait faire valoir en faveur d’une frappe contre l’Iran ». Elle a rappelé, pour appuyer ce propos, les attaques ordonnées par le président en juin dernier qui, selon l’administration, auraient « totalement anéanti » le programme nucléaire iranien de l’époque.
Ce double discours intervient dans un contexte de tension palpable. Sur le terrain, Washington déploie des moyens colossaux : le groupe aéronaval de l’USS Abraham Lincoln est déjà sur zone, et le porte-avions USS Gerald R. Ford, accompagné de chasseurs supplémentaires, fait route vers la région. Concernant une éventuelle coordination avec Israël pour ces frappes potentielles, la Maison-Blanche s’est refusée à tout commentaire, tout comme sur l’existence d’une date butoir pour les négociations.
Parallèlement à ces bruits de bottes, le dialogue n’est pas rompu. Un second cycle de négociations indirectes s’est tenu récemment à Genève, après une première rencontre à Oman. Si le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, évoque une atmosphère « plus constructive », le vice-président américain JD Vance se montre plus mesuré. Il qualifie les échanges de productifs « à certains égards », tout en notant que Téhéran n’est « pas encore disposé » à accepter certaines des « lignes rouges » fixées par Donald Trump.