Iran : après trois pendaisons à Machhad, la justice vise aussi 22 « traîtres »

En Iran, la justice a annoncé de nouvelles mesures contre les personnes accusées de travailler pour des intérêts étrangers, alors que les exécutions et les saisies de biens se multiplient dans le pays. Les autorités judiciaires et sécuritaires ont affirmé vouloir agir « sans clémence jusqu’au dernier » contre ceux qu’elles présentent comme des « mercenaires de l’ennemi ».

D’après Al Jazeera, cette séquence s’est accélérée après l’exécution, lundi, de trois hommes arrêtés à Machhad, dans le nord-est du pays, lors des manifestations nationales de janvier. Les autorités iraniennes les ont accusés d’être des agents du Mossad et des meneurs d’émeutes. Les médias d’État ont diffusé ce qu’ils ont présenté comme leurs aveux, en affirmant qu’ils avaient attaqué des membres du Basij avec des couteaux et des sabres et endommagé des biens publics.

Plusieurs autres cas ont été annoncés ces derniers jours. À Ispahan, Sasan Azadvar, 21 ans, a été exécuté la semaine dernière pour « coopération avec l’ennemi », selon la justice iranienne, qui lui reprochait notamment une attaque à coups de pierres et de gourdin contre un minibus transportant des forces de sécurité ainsi que des dégradations de véhicules. Plus tôt cette semaine, deux hommes ont aussi été pendus pour avoir, selon les autorités, transmis au Mossad des images de sites militaires, tenté de recruter d’autres personnes pour des actes de sabotage et communiqué de fausses pistes aux services de sécurité.

Selon les chiffres cités par Al Jazeera, des organisations de défense des droits humains basées à l’étranger affirment que l’Iran a enregistré en 2025 et 2026 son plus grand nombre de pendaisons depuis 1989. Un rapport publié le mois dernier par Iran Human Rights et Together Against the Death Penalty fait état d’au moins 1.639 exécutions recensées en 2025, soit une hausse de 68 % sur un an. De son côté, l’ONU a indiqué fin avril qu’au moins 21 personnes avaient été exécutées et plus de 4.000 arrêtées pour des accusations liées à la sécurité nationale depuis le début de la guerre de cette année. Les autorités iraniennes n’ont pas commenté ces chiffres.

La justice iranienne a également annoncé mardi la saisie des biens de 22 personnes dans la province de Semnan, à l’est de Téhéran, présentées comme des « traîtres à la nation » liés à Israël et à des pays hostiles. Les autorités ont par ailleurs prévenu qu’elles puniraient les pratiques jugées perturbatrices dans le contexte du blocus naval imposé par les États-Unis, comme la rétention de marchandises. Le chef du pouvoir judiciaire, Gholam-Hossein Mohseni-Ejei, a averti que les auteurs de stockage abusif, de hausse illicite des prix ou de vente de produits périmés s’exposaient à une action judiciaire « décisive ».

Sur le plan économique, les prix ont augmenté cette semaine dans plusieurs secteurs, notamment l’alimentation, les médicaments, les voitures et les appareils électroniques. Le gouverneur de la Banque centrale d’Iran, Abdolnasser Hemmati, a déclaré mardi que « les niveaux actuels des prix sont inacceptables », attribuant ces hausses à la guerre et aux sanctions, tout en appelant la population à ne pas s’inquiéter.

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