Le verdict est tombé ce vendredi dans un climat de tension judiciaire palpable au tribunal correctionnel de Nice. Alors que la question de la liberté d’expression et de ses limites dans le cadre du conflit au Proche-Orient continue de diviser, la justice française a rendu une décision particulièrement sévère à l’encontre d’une figure locale du militantisme pro-palestinien. Au cœur de ce dossier, ce n’est pas une action physique qui est incriminée, mais une activité numérique jugée illégale par les magistrats.
La militante niçoise Amira Zaiter a été fixée sur son sort ce 23 janvier 2026. Selon les éléments d’audience relayés par l’agence Anadolu, la cofondatrice de l’association « Nice à Gaza » a écopé d’une peine de 15 mois de prison ferme. Fait notable marquant la gravité de la décision aux yeux de la cour : le mandat de dépôt a été prononcé à l’audience, signifiant un maintien immédiat en détention pour la prévenue.
**Une réitération d’infractions sanctionnée**
Ce qui a motivé cette lourde condamnation réside dans la nature spécifique des faits reprochés. La justice n’a pas seulement jugé de nouveaux propos, mais la republication sur les réseaux sociaux de tweets qui avaient déjà fait l’objet d’une condamnation judiciaire antérieure. Le tribunal a reconnu Amira Zaiter coupable de plusieurs chefs d’accusation, notamment la provocation publique à la haine ou à la violence, l’injure publique en raison de l’origine ou de la religion, ainsi que l’apologie du terrorisme.
Au-delà de la privation de liberté, les juges ont assorti la sentence de mesures complémentaires restrictives. La militante se voit infliger plusieurs amendes et une peine d’inéligibilité d’une durée de dix ans. Par ailleurs, son inscription au Fichier judiciaire national automatisé des auteurs d’infractions terroristes (Fijait) a été ordonnée, une mesure qui implique des obligations de déclaration régulières et des restrictions de déplacement à l’avenir.
**Un passé judiciaire qui pèse lourd**
Cette nouvelle décision s’inscrit dans une trajectoire judiciaire qui s’est considérablement assombrie ces derniers mois pour la militante. En juin 2025, la cour d’appel d’Aix-en-Provence avait déjà prononcé une condamnation à son encontre : 18 mois de prison, dont six mois ferme. À l’époque, cette peine devait être aménagée sous la forme d’une détention à domicile sous surveillance électronique. Le nouveau jugement rendu ce vendredi marque donc une rupture dans les modalités d’exécution de la peine, passant de l’aménagement à l’incarcération directe.