Après plusieurs mois de blocage politique, l’Irak a désigné un nouveau chef de gouvernement pressenti. Lundi à Bagdad, le Cadre de coordination, principal bloc chiite au pouvoir, a choisi Ali al-Zaidi, homme d’affaires de 40 ans, comme candidat de compromis au poste de Premier ministre, avant sa nomination officielle par le président Nizar Amedi.
Selon les informations rapportées par Al Jazeera, cette désignation intervient alors que la coalition chiite cherchait depuis des mois un profil acceptable à la fois pour ses composantes internes et pour des acteurs étrangers influents. Dans un communiqué publié après une réunion dans la capitale irakienne, le Cadre de coordination a indiqué qu’Ali al-Zaidi avait été retenu comme candidat du bloc, présenté comme le plus important à la Chambre des représentants, afin d’occuper le poste de Premier ministre et de former le prochain gouvernement.
Ali al-Zaidi n’a pas d’antécédent dans une fonction politique ou dans l’administration publique. Né à Bagdad dans une famille originaire de la province méridionale de Dhi Qar, il a fait carrière dans les secteurs privé et universitaire. Il est titulaire de licences en droit et en finance, ainsi que d’un master en banque et finance. Il est également membre du barreau irakien. Il dirige la National Holding Company, un conglomérat créé en 2017 et présent dans l’agriculture, l’immobilier, la banque, la logistique et les énergies renouvelables. Il préside aussi les conseils d’administration de Shaab University et de l’Ishtar Medical Institute.
D’après Al Jazeera, son parcours financier fait toutefois l’objet d’une attention particulière. Il a précédemment présidé le conseil d’administration de la banque islamique Al-Janoob, un établissement qui, selon des organes de surveillance financière et des rapports locaux cités dans le contenu source, avait déjà fait l’objet de sanctions de la Banque centrale d’Irak.
Sa nomination a été accélérée par l’impasse au sein du Cadre de coordination, qui avait déjà dépassé l’échéance constitutionnelle du 26 avril pour proposer un candidat. L’ancien Premier ministre Nouri al-Maliki, soutenu par une large majorité du bloc après son entrée dans la course en janvier, a finalement dû se retirer après l’opposition du président américain Donald Trump. Le bloc a ensuite tenté d’imposer Bassem al-Badry, mais sa candidature a été rejetée par des camps rivaux. Réunie une dernière fois mardi, la coalition a approuvé à l’unanimité Ali al-Zaidi en 25 minutes, selon le contenu source.
Ali al-Zaidi dispose désormais de 30 jours pour présenter son gouvernement au Parlement et obtenir la confiance d’au moins 167 députés. Le bloc chiite dispose de 185 sièges sur 329. S’il obtient ce vote, il prendra la tête d’un pays confronté à plusieurs dossiers majeurs, parmi lesquels les répercussions économiques de la fermeture du détroit d’Ormuz, la corruption et l’avenir des Forces de mobilisation populaire, dans un contexte de fortes tensions régionales.