C’est un retour au premier plan qui pourrait redéfinir l’équilibre politique à Bagdad. Alors que le pays cherche à stabiliser ses institutions, l’alliance majoritaire au Parlement a tranché sur l’identité de celui qu’elle souhaite voir diriger l’exécutif. Un choix qui ne mise pas sur le renouveau, mais sur une expérience éprouvée par deux mandats consécutifs lors des années les plus tumultueuses de l’histoire récente du pays.
Le Cadre de coordination chiite, qui regroupe les principales forces politiques chiites disposant de la majorité parlementaire, a officiellement désigné Nouri al-Maliki comme son candidat au poste de Premier ministre. Selon les informations rapportées par Al Jazeera, cette décision s’appuie sur « l’expérience politique et administrative » du dirigeant de 75 ans, ainsi que sur son rôle historique dans la gestion de l’État.
Cette nomination marque la résurgence institutionnelle du chef du parti islamique Dawa, qui avait quitté le pouvoir en 2014. À l’époque, sa démission était intervenue dans un contexte de crise sécuritaire majeure, marquée par la prise de contrôle de vastes territoires irakiens par le groupe État islamique (EI). Malgré ce départ, Nouri al-Maliki n’a jamais quitté l’arène politique, conservant une influence considérable à la tête de la coalition de l’État de droit.
Considéré comme un acteur incontournable capable de naviguer entre les intérêts divergents des puissances étrangères, l’ancien Premier ministre (2006-2014) a su, au fil des années, maintenir des canaux de communication ouverts tant avec Téhéran qu’avec Washington. Une position de « faiseur de rois » qui rendait son approbation indispensable à toute formation de coalition gouvernementale ces dernières années.
Cette désignation ouvre désormais la voie à une phase complexe de négociations pour la formation du nouveau gouvernement. Le futur exécutif devra gérer des dossiers sensibles, notamment la relation avec les groupes armés proches de l’Iran, comme Asaib Ahl al-Haq, tout en composant avec la pression constante des États-Unis qui réclament leur démantèlement.