« Une ville ne se planifie pas pour aujourd’hui. Elle se planifie pour les problèmes de demain. »
Chaque année, la même question revient lorsque les fortes pluies arrivent à Dakar :
Comment faire face aux inondations ?
On parle souvent de curage, de pompage, de drainage, de bassins de rétention…
Tout cela est nécessaire.
Mais, à mon avis, nous devons aller plus loin.
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L’Oeil de l’ingénieur planning
J’ai appris une chose: Un problème qui revient régulièrement doit être analysé à sa source.
Et c’est exactement la question que nous devons nous poser pour Dakar.
Avons-nous suffisamment intégré le risque d’inondation dans notre planification urbaine ?
Avons-nous anticipé l’évolution de la ville, l’augmentation de la population, l’occupation des sols et l’impact du changement climatique ?
Construire une route, un quartier ou un bâtiment ne suffit pas.
Il faut penser le système dans son ensemble :
* Où l’eau va-t-elle s’écouler ?
* Où peut-elle être stockée temporairement ?
* Quelles zones devons-nous préserver ?
* Nos réseaux d’assainissement sont-ils dimensionnés pour les réalités actuelles et futures ?
* Que se passera-t-il dans 10, 20 ou 30 ans ?
* Comment allons-nous assurer la gestion et la maintenance de nos infrastructures dans le temps ?
* Que prévoyons-nous après la livraison des ouvrages et pendant la période de garantie ?
C’est là que la planification prend tout son sens.
Une infrastructure ne doit pas seulement être construite et livrée. Elle doit également être suivie, entretenue et correctement gérée pendant toute sa durée de vie.
La période de garantie constitue une étape importante. Elle permet de vérifier la conformité des ouvrages, de corriger les éventuelles malfaçons et de s’assurer que les engagements contractuels sont respectés.
Mais la gestion de nos infrastructures ne doit pas s’arrêter à la fin de cette période.
Nous devons prévoir dès le départ les inspections, la maintenance, les réparations et les budgets nécessaires pour préserver les investissements réalisés.
Nous devons passer d’une logique de réaction à une logique d’anticipation.
Dakar a besoin d’une véritable vision à long terme de son urbanisme, basée sur la connaissance du territoire, la maîtrise de l’occupation des sols, des infrastructures adaptées, une meilleure gestion des eaux pluviales et une gestion durable de ses ouvrages.
Les inondations ne doivent pas être uniquement un problème à résoudre chaque année. Elles doivent devenir un paramètre permanent de notre manière de planifier, de construire et de gérer la ville.
La vraie question n’est donc peut-être pas :
« Comment allons-nous gérer les prochaines inondations ? »
Mais plutôt :
« Comment devons-nous repenser Dakar pour que les générations futures vivent dans une ville plus résiliente, mieux planifiée et mieux entretenue ? »
C’est un débat que nous devons avoir, collectivement, sans polémique mais avec de la vision, de la planification, de l’anticipation et une véritable culture de la maintenance.
Et vous, pensez-vous qu’il est temps de repenser en profondeur notre modèle d’urbanisme et la gestion de nos infrastructures à Dakar ?
BASSE Ababacar
Consultant Project Control
Senior Planning Engineer




