Inondations à la zone de captage : Madické Cissé évoque des responsabilités partagées

Au lendemain des fortes pluies qui ont inondé la zone de captage, le directeur de la Prévention et de la Gestion des Inondations, Madické Cissé, s’est rendu sur place. Il a décrit une situation préoccupante, marquée par l’étendue des eaux et le travail à accomplir.

Pour expliquer l’inondation de la zone de captage, il met en avant la combinaison d’un aléa important et d’une vulnérabilité déjà présente. Le secteur forme un bassin versant naturel où convergent les eaux de ruissellement. Selon lui, environ 148 mm de pluie sont tombés en une à deux heures.

Madické Cissé estime que ces volumes ne pouvaient pas être anticipés avec certitude et qu’aucun ouvrage ne peut être conçu pour absorber des quantités illimitées. Les installations existantes n’ont donc pas contenu toute l’eau. Cette limite s’inscrit dans un problème plus large : après les fortes pluies du 15 septembre, qui avaient provoqué des accumulations d’eau dans plusieurs zones de Dakar, le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Cheikh Tidiane Dièye, avait jugé le bilan à mi-parcours positif, les eaux ayant été évacuées quelques heures après les précipitations. Il avait néanmoins reconnu que le réseau était sous-dimensionné et qu’il restait du travail. Madické Cissé distingue lui aussi la prévision, difficile dans ces conditions, de la prévention, qu’il juge possible. Le problème étant ancien, les autorités doivent, selon lui, agir pour réduire les risques.

Le directeur affirme que le bassin, une station de pompage d’une capacité de 5 000 m³ et les opérations de curage ont limité les conséquences. Il a également évoqué deux décès enregistrés aux Parcelles assainies. Dans les propos recueillis par Dakaractu, il a reconnu que les responsabilités étaient partagées entre l’État et les habitants.

Madické Cissé considère que l’État aurait dû reloger les occupants de maisons menaçant ruine. Il relève aussi que certains habitants hésitent à signaler leur exposition au risque, notamment parce qu’ils ne sont pas propriétaires de leur logement. Les propriétaires qui déclareraient une situation dangereuse devraient, selon lui, pouvoir bénéficier d’un accompagnement de l’État, qui n’existe pas actuellement.

Le directeur estime enfin que la zone de captage n’était pas destinée à l’habitat et regrette qu’elle ait été lotie. Le site aurait dû être préservé comme point de collecte des eaux afin de soulager Dakar.

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